Caricatures, messages violents et incitations à la haine caractérisent un phénomène alarmant en France. Depuis la création du Pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH) en janvier 2021, le pays a enregistré un nombre de signalements sans précédent.
Selon des données récentes, le PNLH a traité 1 072 dossiers en 2025, un chiffre qui illustre un pic jamais atteint précédemment. Anissa Zeghlache, cheffe du PNLH, a mis en lumière que les signalements avaient doublé suite à l'attaque du Hamas sur Israël le 7 octobre 2023, engendrant un climat de violence verbale accrue, tant sur les réseaux sociaux que dans les sphères publiques.
Une logique de défouloir
Le niveau élevé de haine en ligne persiste, avec des messages haineux qui continuent de proliférer. "On assiste à une véritable logique de défouloir sur les réseaux sociaux, où chaque événement devient un prétexte aux propos racistes, antisémite ou homophobes", a déclaré Anissa Zeghlache. Cette situation est particulièrement préoccupante selon Laure Beccuau, procureure de Paris, qui a qualifié les discours de haine de "coup de poignard porté au pacte social et à notre République".
Beccuau a aussi averti que la répétition de tels propos pouvait mener à des actes de violence décomplexés : "C’est à force de propos répétés que peuvent se produire des passages à l’acte violents". Le PNLH, formé après l'assassinat du professeur Samuel Paty, continue son travail pour combattre cette dérive.
Tous les milieux sociaux concernés
Le phénomène touche tous les âges et horizons sociaux. Des cas récents montrent que le cyberharcèlement peut être particulièrement ciblé. Par exemple, lors des Jeux olympiques de Paris, le directeur artistique Thomas Jolly a été la cible de critiques venimeuses, principalement de la part d'hommes mûrs insatisfaits de certaines représentations artistiques. Inversement, la personnalité publique Magali Berdah a subi des attaques de la part de jeunes femmes d’horizons variés.
Face à son ampleur, le PNLH s'engage à intensifier la lutte contre ces discours toxiques, en organisant des ateliers de sensibilisation et en travaillant main dans la main avec les plateformes numériques pour rendre les espaces en ligne plus sûrs pour tous. Selon les experts, une prise de conscience collective et des actions concrètes sont essentielles pour inverser cette tendance croissante et restaurer un dialogue respectueux en ligne.







