Médecins libéraux : en marche vers une grève historique contre la réforme de la Sécurité sociale

Les médecins libéraux planifient une grève décisive face aux changements budgétaires.
Médecins libéraux : en marche vers une grève historique contre la réforme de la Sécurité sociale
Deux syndicats ont annoncé que des milliers de praticiens sont prêts à se mobiliser à partir du 5 janvier 2026. (Illustration) LP / Arnaud Journois

Face à des mesures budgétaires jugées "destructrices", le syndicat de médecins libéraux UFML appelle à une grève de dix jours au mois de janvier 2026. Ce mouvement de protestation fait suite à l’adoption à l’Assemblée nationale d’un amendement socialiste visant à supprimer des abattements fiscaux cruciaux pour les médecins conventionnés.

Dans le cadre de cette grève, les praticiens sont invités à bloquer leurs rendez-vous du 5 au 15 janvier, bien qu’ils restent ouverts à reconsidérer leur position si les articles contestés sont réduits durant les discussions parlementaires. Le président de l’UFML, Dr Jérôme Marty, a exprimé son indignation, évoquant une colère sans précédent parmi les médecins. "Jamais je n'ai vu une telle attaque contre notre profession", a-t-il souligné lors d’une conférence de presse.

Ce mouvement s'inscrit également dans la lutte du syndicat de chirurgiens Le Bloc, qui prévoit une grève similaire entre le 5 et le 19 janvier, racontant la détresse des médecins face à une situation de plus en plus préoccupante. De nombreux praticiens envisagent même une exil temporaire à Bruxelles pour éviter d’être réquisitionnés.

« Nous allons en appeler au Premier ministre »

Les syndicats dénoncent notamment la surcotisation sur les suppléments d’honoraires des médecins du secteur 2, ainsi qu’une éventuelle révision unilatérale des tarifs par l’Assurance maladie. Des secteurs comme la radiothérapie et la néphrologie sont particulièrement ciblés par ces mesures, amplifiant le mécontentement.

Les avis divergent au sein de la profession. Certains médecins s'inquiètent de la croissance de l'enveloppe budgétaire pour la médecine de ville, qui ne serait augmentée que de 0,9 % en 2026, comparé à une hausse de 2,4 % pour les établissements hospitaliers. "Nous allons interpeller le Premier ministre, et par conséquent, le président de la République doit prendre conscience de cette situation", a déclaré Dr Marty, insistant sur la nécessité d’un médiateur efficace dans ce conflit. Cette question est cruciale alors que le gouvernement cherche des solutions pour équilibrer le budget de la Sécurité sociale tout en préservant la qualité des soins.

Ce débat sur l'avenir de la médecine libérale en France reflète des inquiétudes plus larges sur la santé publique dans le pays, et les syndicats s'engagent à faire entendre leur voix dans les mois à venir. Pour en savoir plus sur cette crise, suivez les mises à jour dans vos médias habituels.

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