Le Rassemblement National (RN) s'affirme comme le principal parti des salariés du secteur privé, selon une étude d'économistes d'HEC Paris. Loin d'être uniquement une question de salaire ou de catégorie socioprofessionnelle, c'est l'isolement social au travail qui distingue ces votants de leurs collègues, comme l'indiquent les économistes Yann Halgan, Antonin Bergeaud et Camille Frouard dans leur étude publiée dans Le Monde.
Cette recherche, menée en collaboration avec l'Institut Bilendi entre 2024 et 2025, s'appuie sur un échantillon de 3 909 travailleurs du secteur privé en France. Les auteurs de l'étude affirment que « cinq France coexistent dans l'espace professionnel » : d'une part, un centre épanoui et satisfait, d'autre part, une gauche modérée cherchant le collectif, et enfin une droite radicale qui se sent isolée. Le RN, en particulier, se révèle comme le premier choix des ouvriers à 35 % et des employés à 25 %. Même chez les cadres, il recueille 14 % de sympathisants, devançant ainsi Renaissance et Les Républicains.
Les deux visages du vote RN
Toutefois, les électeurs du RN ne forment pas un bloc homogène. L'étude classe ces sympathisants en deux catégories : les « RN heureux » (60 %), bien intégrés et pro-entreprise, et les « RN malheureux » (40 %), critiques et défiants envers leur hiérarchie. Cette distinction repose sur la qualité des relations interpersonnelles au sein de l'équipe, soulignant que « l'individu entouré a tendance à ouvrir son esprit, tandis que celui qui se sent seul dans son équipe se renferme », mettent en lumière les chercheurs.
Ces conclusions sont corroborées par d'autres sources, notamment un article du Monde, qui évoque les implications politiques de cette situation. Le phénomène d'isolement au travail, qui n'est pas seulement une problématique individuelle mais aussi collective, pourrait impacter la polarisation politique en France. En somme, alors que le RN continue de gagner du terrain, la question de l'isolement des travailleurs mérite d'être examinée de plus près.







