ENQUÊTE LA GAUCHE ET LFI (5/6). À Poitiers, la capitale poitevine, la gauche demeure aux commandes depuis près d'un demi-siècle. Avec l'arrivée d'une écologiste à la tête de la mairie, Léonore Moncond'huy, en 2020, l'emprise de la gauche semble même se renforcer. Néanmoins, la route vers sa réélection n'est pas sans embûches, notamment en raison des alliances à former : LFI ou pas LFI ?
Depuis 1977, la ville n'a connu que des maires issus de la gauche, une tendance soutenue par une population étudiante en forte croissance et un nombre de propriétaires en baisse, comme l'explique Charles Rangheard, candidat du Rassemblement National. Actuellement, la liste écologiste de Moncond'huy est en tête, suivie par des figures de la gauche comme Anthony Brottier, récemment revenu à gauche, Bertrand Geay, qui unit le PCF et LFI, et François Blanchard du PS. La droite, représentée par Rangheard, peine à faire son chemin avec seulement 11 % d'intentions de vote.
Un passé récent controversé
La question cruciale pour Moncond'huy est de savoir si elle choisira d’inclure de nouveau l’extrême gauche dans son équipe, comme elle l’avait fait en 2020, lorsque sa victoire avait été marquée par la présence de drapeaux LFI et NPA. Lucile Parnaudeau, candidate de la droite et du centre, rappelle que si elle procède ainsi, elle risque de déranger certains électeurs. Pour elle, la maire n’hésitera pas à renouveler l’alliance tacite, car elle est déjà en collaboration avec des élus d’extrême gauche.
En revanche, Rangheard observe que les électeurs de Moncond'huy ne s'identifient pas forcément à LFI, craignant d'être associés à une image radicale. Il souligne qu’une telle alliance pourrait nuire à l'image de la maire, même si celle-ci a du mal à conserver son poste sans le soutien d'une partie de la gauche.
Une gauche diverse et dynamique
Malgré les tensions, Parnaudeau affûte ses ambitions : « En 2020, elle ne bénéficiait que de 17% dans les sondages, mais a battu tous les pronostics. Aujourd'hui, les Poitevins cherchent un changement, désireux d'actions concrètes, notamment sur les transports et la propreté », note-t-elle. Rangheard, plus pessimiste, admet que la droite pourrait tirer profit d'une gauche divisée, tout en précisant que la situation actuelle semble plus favorable à Moncond’huy, qui a acquis une plus grande notoriété depuis sa première élection.
À l’heure actuelle, il ne fait aucun doute que Poitiers continuera d’être une ville de gauche, mais la nuance de cette gauche est encore à déterminer.







