Le célèbre artiste Vincent Ganivet a récemment exprimé son indignation face à l'utilisation de sa création, les « Catene de containers », par des candidats aux prochaines municipales du Havre. Bien que l'œuvre ait été initialement réalisée pour célébrer le 500e anniversaire de la ville en 2017, elle est aujourd'hui au cœur d'une controverse politique.
Les « Catene de containers », une œuvre désormais emblématique du Havre, ont été reprises dans les documents de campagne du maire sortant, Édouard Philippe, et du candidat du Rassemblement National, Franck Keller. Ganivet, choqué par cette appropriation sans son consentement, a souhaité faire entendre sa voix. « Je conteste tout à fait cet usage dont je n’ai nullement été averti, ayant clairement cédé le droit d’exploitation visuel à la Ville et non à un candidat ou à quelque parti que ce soit », a-t-il déclaré.
Ganivet a précisé sa position sur les réseaux sociaux, déclarant que les « Catene de containers » symbolisent un message de cosmopolitisme et d’ouverture qui entre en contradiction avec les valeurs du Rassemblement National. D’après lui, cet usage des tracts électoraux est non seulement inapproprié, mais également contraire aux principes qui fondent son travail artistique.
Une fracture artistique au cœur du débat politique
Des experts en droits d’auteur, comme Marie-Anne Ferry Fall, directrice de l'ADAGP, soutiennent la position de Ganivet. Elle explique que toute œuvre, qu'elle soit exposée dans l'espace public ou dans un musée, jouit des mêmes protections juridiques. « Une œuvre a des droits, tout comme une chanson ou une photographie », souligne-t-elle. « Si l'artiste estime que son travail est utilisé d'une manière qui nuit à sa réputation, cela constitue une violation de ses droits d'auteur. »
En réaction à cette appropriation, Vincent Ganivet envisage des actions juridiques. L'ADAGP a déjà reconnu une atteinte à son droit patrimonial dans le cadre de la campagne d'Édouard Philippe. Le cas de Franck Keller, en revanche, pourrait nécessiter une approche différente car l'œuvre est utilisée de manière moins visible sur ses tracts.
Une proposition pour l'équité démocratique
Pour maintenir une certaine équité, Ganivet a même proposé à tous les candidats de faire usage de son œuvre dans leur campagne, afin de ne pas favoriser un parti plus qu'un autre. En prenant une telle mesure, il espère contribuer à un débat démocratique équilibré.
De son côté, l'équipe d'Édouard Philippe insiste sur le fait qu'elle a respecté toutes les règles concernant l'utilisation de l'œuvre. Quant à Franck Keller, il a qualifié la réaction de Ganivet d'excessive et mesquine, espérant que les électeurs pourront toujours admirer la sculpture emblématique.
Vincent Ganivet a également averti qu'en cas de victoire du Rassemblement National, il pourrait envisager de demander la restitution de son œuvre. Cette déclaration marque une potentielle escalade dans un débat déjà tendu, touchant au cœur des relations entre l'art et la politique.







