Au Havre, dimanche soir, Édouard Philippe a déjoué les pronostics en se plaçant largement en tête du premier tour des élections municipales, devançant le candidat de l'Union de la gauche, Jean-Paul Lecoq. L'ancien Premier ministre a basé sa candidature à la présidentielle sur une victoire locale.
Depuis le matin du 16 mars, le visage d'Édouard Philippe est de nouveau visible dans les rues du Havre (Seine-Maritime). Tandis qu'une équipe s'active à réaliser le collage des affiches, l'autre finalise la stratégie pour le second tour à la permanence de campagne. Bien qu'il a manqué la réunion décisive, son entourage reste optimiste : "C'est bien, mais il faudra continuer à se battre", confie un membre de son équipe.
Pour Agnès Firmin-Le Bodo, la numéro 2 d'Édouard Philippe, il semble clair que "le vote utile a joué dès le premier tour. Tout le monde a compris les enjeux pour notre ville. Maintenant, nous continuons. Rendez-vous dimanche prochain".
Lors de la soirée du 15 mars, Édouard Philippe se distinguait avec 10 points d'avance sur son concurrent. "Les élections ne sont pas les sondages. Ce sont les électeurs qui décident en démocratie", a-t-il rappelé lors de sa réaction à ce résultat encourageant.
Cependant, les habitants du Havre manifestent des préoccupations. L'appel présidentiel d'Édouard Philippe suscite des interrogations sur son engagement local. "Peut-être que les Havrais se sont dit qu'il va partir pour l'Élysée, alors après, qui sera là ?" s'interroge un résident. "Élire un maire qui aspire à la présidence, c'est un peu dommage. Mais s'il prend cette décision, il doit avoir ses raisons", ajoute un autre.
Une triangulaire, un schéma inédit au Havre
Malgré la déception, Jean-Paul Lecoq, le candidat communiste, n'abandonne pas et se concentre sur les abstentionnistes. Près de 50 % des électeurs havrais n'ont pas voté. Son argument principal : les ambitions présidentielles d'Édouard Philippe. "Il prétend que s'il devient président, il servira Le Havre et ses habitants, mais il a prouvé qu'il ne l'a pas fait auparavant. Notre priorité est de servir les Havrais et notre ville", déclare-t-il avec conviction.
Dans ce contexte, la candidature de l'extrême droite, Franck Heller, apparaît comme une surprise. "Nous imposons cette triangulaire que Philippe ne souhaitait pas. Il avait sous-estimé la compétition, et il est clair qu'il ne gagnera pas facilement", déclare Franck Keller, représentant UDR.
Édouard Philippe a lié son avenir national à ce scrutin local. Dans ce face-à-face très particulier, ses choix stratégiques se révéleront cruciaux. Les réserves de voix pour cette triangulaire, une première depuis trois décennies, sont incertaines.







