Depuis le 28 février, suite à des frappes israélo-américaines, l’Iran a décidé de fermer le détroit d’Ormuz. Saad Al-Kaabi, ministre de l’Énergie du Qatar, a averti que cette situation pourrait gravement affecter l’économie mondiale, disant que cela pourrait "mettre l’économie mondiale à genoux", comme l’a rapporté The Economist.
Ce passage maritime stratégique représente en temps normal 20 % du pétrole et 25 % du gaz naturel liquéfié (GNL) consommés dans le monde, des ressources provenant en grande partie des pétromonarchies du Golfe. La guerre en cours a presque paralysé ce couloir crucial.
Les infrastructures pétrolières, notamment les raffineries des pays du Golfe, sont désormais des cibles, subissant des attaques par missile et drone. Des incidents récents montrent une intensification des menaces contre des navires commerciaux, augmentant encore la tension dans la région.
Le 15 mars, Donald Trump a lancé un appel à l’aide à ses alliés européens et asiatiques pour sécuriser le détroit, mais pour l’heure, ces derniers ont montré peu d’enthousiasme à s’impliquer dans un conflit potentiellement explosif, comme l’a souligné un article de Courrier International.
Piqûre de rappel
Cette situation a conduit à une montée des prix du baril de pétrole, forçant de nombreux pays à puiser dans leurs réserves stratégiques. Selon l’Agence internationale de l’énergie, ses 32 membres ont procédé au "plus important déstockage de réserves de l’histoire", avec la mise sur le marché de 400 millions de barils.
Les conséquences du conflit sur le trafic maritime mettent en lumière la dépendance de plusieurs nations aux hydrocarbures de cette région. Un rapport du South China Morning Post souligne que près de 84 % du pétrole brut passant par Ormuz est destiné à l'Asie. Toutefois, quelques cargos chinois, indiens et pakistanais ont réussi à traverser le détroit grâce à un accord avec l'Iran.
Pour compenser la situation, certains pays du Golfe, comme l’Arabie Saoudite, ont recours à des routes alternatives, conscientes que ces solutions n’éliminent pas entièrement les risques. Middle East Eye avertit que le port de Yanbou, initialement conçu pour éviter un blocage, ne peut pas gérer l'ensemble de la production pétrolière du pays.
De plus, cette crise affecte la sécurité alimentaire dans la région. Selon Financial Times, les Émirats arabes unis importent la majorité de leurs denrées via le port de Jebel Ali, situé juste avant le détroit, ce qui complique leurs approvisionnements en céréales essentielles.







