Les autorités en Iran ont annoncé le décès d'Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, tué lors d'un bombardement à Téhéran. Sa mort, qui rappelle celle de Qassem Soleimani en 2020, pourrait précipiter la désintégration d'un régime déjà fragmenté, selon des analyses publiées par le média d'opposition Iran International.

Larijani, acteur central de l'architecture politique iranienne, assurait l'équilibre entre les différentes factions du pouvoir. Sa disparition crée un vide qui pourrait compromettre la coordination au sein du régime aux prises avec des tensions croissantes.

Un rouage essentiel du pouvoir

Auparavant évalué comme un potentiel intermédiaire acceptable par certains analystes, Larijani a vu son statut se dégrader face à son rôle déterminant dans la répression des manifestations récentes et son attitude agressive envers l'Occident. Des experts, notamment ceux de l'institut de recherche sur le Moyen-Orient, soulignent que sa politique de sécurité a inextricablement lié le discours officiel à la répression intérieure.

Son parcours a été marqué par son ascension durant la guerre Iran-Irak, où il a gravi les échelons au sein des Gardiens de la révolution. En prenant en main l'Islamic Republic of Iran Broadcasting entre 1994 et 2004, il a contribué à façonner la propagande, renforçant ainsi la loyauté envers le régime tout en étouffant la dissidence.

Une continuité menacée

Larijani, considéré comme un agent de stabilité, coordonnait des aspects cruciaux de la politique iranienne, y compris les enjeux nucléaires. Sa mort pourrait exacerber les luttes de pouvoir au sommet de l'État, alors que des exigences de représailles émergent parmi les factions les plus militantes. Les analystes du Centre d'études iraniennes mettent en garde contre les tensions résultantes qui pourraient fragiliser davantage le régime.

Un régime en déliquescence

La République islamique d'Iran souffre aujourd'hui d'une perte d'autorité centrale, alors que les ressources sont désormais gérées localement par les forces religieuses et paramilitaires. Ali Larijani était l'un des rares individus capables de réunifier ces différentes instances sous une même bannière. La hausse de l'indépendance de ces groupes pourrait aggraver la fragmentation du pouvoir iranien. Les missiles sont prêts, les tensions persistent dans le détroit d'Ormuz, mais au sein même du système, la confiance de la population et la cohérence manquent cruellement.

En fin de compte, la disparition d'Ali Larijani remet en question non seulement la résilience de l’État iranien mais aussi sa capacité à fonctionner de manière cohérente dans un environnement de pression croissante. Bien que la chute du régime ne soit pas immédiate, l'absence de figures clés pourrait précipiter sa fin plutôt que de garantir sa survie.