Plus de 2000 infirmières à travers la France, dont une trentaine dans la Manche, sont actuellement en proie à une inquiétude croissante. Les salariées de l'association Asalée ne reçoivent plus de salaire depuis un mois et demi. Depuis décembre, l'Assurance maladie, qui finance presque intégralement l'association à hauteur de près de 100 millions d'euros par an, a cessé ses versements, dénonçant des problèmes de gouvernance tout en réaffirmant l'importance des missions d'Asalée.
Ce dispositif a été mis en place pour favoriser la prévention et l'éducation thérapeutique des patients atteints de maladies chroniques, tels que le diabète ou les pathologies cardiovasculaires. Les infirmières, collaborant avec des médecins conventionnés, jouent un rôle essentiel dans ce processus.
Démunie et démoralisée
"Nous n'avons plus reçu de salaire depuis le 31 janvier. Certaines de mes collègues se trouvent dans une situation de grande précarité, devant subvenir aux besoins de leurs familles," témoigne Swanie Dufour, infirmière à Villedieu-les-Poêles-Rouffigny. Cette situation crée un climat de découragement, particulièrement avec une échéance imminente, le 27 mars, où l'association pourrait être placée en redressement judiciaire.
Elle poursuit : "Nous avons l'impression d'être ignorés en tant que soignants; la peur d'être sous l'égide d'une entité qui modifierait notre façon d'exercer plane sur nous. Ce modèle permet aux patients de discuter de leurs problèmes de santé sans pression, un espace rare de nos jours."
L'accompagnement des patients en danger
Les infirmières assurent un suivi essentiel pour les patients des médecins du pôle de santé de Villedieu-les-Poêles-Rouffigny, les aidant à gérer leur traitement et à comprendre leurs symptômes. "Il est crucial de leur donner un rôle actif et de leur faire comprendre les enjeux de leur santé", explique-t-elle, soulignant que ce suivi produit des résultats positifs au fil des séances.
"Les infirmières prennent le temps que nous n'avons pas pour éduquer nos patients sur l'alimentation, l'arrêt du tabac et d'autres aspects préventifs," note le Dr Mélanie Péronne, médecin généraliste. Les inquiétudes grandissent quant à la pérennité de ce dispositif et l'impact sur le suivi des patients.
Françoise, patiente encadrée par ces infirmières, témoigne : "J'avais abandonné mon traitement pour le diabète. Elles m'ont complètement sorti de ma zone de confort, m’engageant dans une démarche active pour ma santé. Pour moi, cette approche représente l'avenir de la Sécurité sociale; investir dans des soins préventifs permet d'économiser à long terme. Je devrais coûter moins cher à l'assurance maladie à l'avenir, et c'est vital pour notre système de santé."







