Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, n’a pas mâché ses mots lors de son intervention ce mardi sur ICI Normandie, à l'approche du congrès du syndicat agricole majoritaire à Caen. Ce dernier a mis en avant des préoccupations majeures, notamment la difficulté d'approvisionnement en carburant pour les tracteurs, en raison de la flambée des prix des produits dérivés du pétrole, exacerbée depuis le début de la guerre au Moyen-Orient le 28 février. À cela s’ajoutent des crises sanitaires, comme la dermatose nodulaire contagieuse, qui pèsent sur le moral des agriculteurs. "Les agriculteurs s'inquiètent de l'avenir de leur profession. Il n'y a pas de vision claire au niveau européen ni national. Nous devons porter l'ambition de la souveraineté alimentaire. Que mettrons-nous dans les assiettes des Normands dans dix ans ?" s'interroge Rousseau.
Cependant, il souligne aussi qu'"il ne faut pas perdre espoir". Concernant le prix du lait, il évoque une année 2025 prometteuse, tout en signalant les défis de la transmission intergénérationnelle. Pour lui, être éleveur en France représente un choix passionnant, à condition que les agriculteurs puissent vivre de leur métier, ce qui reste précaire.
Durant les trois jours du congrès, un rapport d'orientation sera soumis aux candidats à la présidentielle afin de discuter de la situation critique de l'agriculture. Selon Rousseau, il est indispensable de "dénoncer les difficultés, mais aussi de proposer des solutions". Sa voix s'élève pour des réformes constitutionnelles, une simplification des démarches pour les entrepreneurs et un cap clair pour l'Europe en matière de production.
Ce congrès est aussi l’occasion de l’élection de son président, et Arnaud Rousseau se présente comme le seul candidat. En parallèle, l'Alliance écologique et sociale organise une marche pour promouvoir l'agriculture paysanne à Caen, prévue demain à 18 heures, sur la place Saint-Pierre. Une occasion supplémentaire pour mettre en avant les enjeux de ce secteur vital.







