Chaque année, environ 130 000 enfants sont victimes d'agressions sexuelles au sein de leur famille. Ce chiffre alarmant a été évoqué lors de l'ouverture en février de la commission d'enquête parlementaire consacrée aux violences sexuelles incestueuses parentales. Florence Hérouin-Léautey, députée socialiste de la Seine-Maritime, est membre de cette commission. Lors d'une intervention sur ICI Normandie, elle a souligné que: "Parmi ces enfants, 80% sont agressés par un membre de leur propre famille, qu'il s'agisse d'un père, d'une mère, ou d'un autre proche."
La députée dénonce un manque de crédibilité accordée aux témoignages des enfants victimes : "On ne protège pas les enfants lorsqu'ils cherchent à signaler ce qui leur arrive. Leur parole est trop souvent minimisée, voire ignorée." Elle évoque deux facteurs principaux : d'une part, le poids des liens familiaux, et d'autre part, la tendance à sous-estimer les déclarations des enfants.
Florence Hérouin-Léautey a également mis en lumière, lors de la commission, que "la parole des femmes peut avoir aussi peu de poids que celle des enfants, surtout dans les cas où les mères tentent de protéger leurs enfants, mais sont perçues comme manipulatrices." Cette situation est particulièrement troublante : selon elle, le lien parental prend souvent le pas sur l'intérêt réel de l'enfant, particulièrement dans des contextes de séparation, où les accusations peuvent être biaisées par des considérations personnelles.
À la lumière de ces témoignages, la députée appelle à une réforme profonde dans la façon dont ces cas sont traités, pour offrir une meilleure protection à ceux qui n'ont souvent pas la voix pour se défendre. Les témoignages d'experts en psychologie infantile corroborent ses propos, soulignant qu'une réponse rapide et empathique peut faire une différence significative dans la vie de ces enfants. "Il est crucial que les adultes prennent au sérieux ce que ces enfants ont à dire, même si cela implique de confronter des vérités difficiles," conclut-elle.







