Les enseignants se mobilisent pour dénoncer la suppression de postes et revendiquer une revalorisation salariale. Ce mardi, entre 10 % et 30 % des enseignants sont en grève, en réponse aux coupes budgétaires décidées par le gouvernement.
Le ministère de l'Éducation nationale a annoncé que 9,68 % des enseignants avaient répondu à l'appel d'une intersyndicale regroupant la FSU, l'Unsa, la CFDT, la CGT et SUD. Ils critiquent des choix budgétaires considérés comme "court-termistes" qui continuent à affaiblir un service public d'éducation déjà fragile.
D'après les données officielles, 13,2 % des enseignants du premier degré (maternelles et élémentaires) étaient en grève, contre 7,18 % dans le second degré. En ajoutant d'autres personnels, le chiffre grimpe à 7,56 %. À l'inverse, les syndicats estiment que la mobilisation est bien plus forte, avec près de 25 % de professeurs grévistes, en particulier dans des villes comme Paris et Lyon, où les chiffres atteignent respectivement 20 % et 30 %, selon le Snes-FSU.
"Cette journée s'inscrit dans un contexte de mobilisations qui perdurent depuis janvier", a rappelé Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU. Le mouvement s'est intensifié le 17 février dernier, lorsque des milliers de personnes ont défilé à Paris. Dans le cadre de cette journée de grève, des manifestations se déroulent dans tout le pays, avec un rassemblement à Paris, au départ de Luxembourg en direction du ministère de l'Éducation.
À Marseille, environ 800 personnes ont manifesté, incluant un groupe de 200 lycéens. Selon Éric Mampaey, représentant d'Unsa éducation, "on supprime des postes alors que la baisse démographique pouvait être mise à profit pour améliorer les conditions d'enseignement".
Des élèves ont également pris part à la mobilisation, créant un blocage au lycée Montgrand à Marseille. Loeiza Cambie, une élève de 16 ans, a alerté sur la perte de 100 heures d'enseignement, signifiant moins d'options disponibles et des classes pouvant atteindre 36 élèves.
À Clermont-Ferrand, les manifestants se sont opposés à la suppression de 105 postes dans l'académie, critiquant les impacts sur l'éducation publique. Armelle Sunier, enseignante en maternelle, a exprimé son indignation : "La baisse démographique aurait dû permettre d'avoir plus de moyens pour répondre aux besoins des élèves en difficulté".
À Lyon, environ 200 personnes ont également pris part à la manifestation. Nathalie Rougane-Ghilardi, directrice d'une école, a fait part de ses craintes concernant la réduction des postes dédiés aux élèves en situation de handicap, une décision qu'elle juge "aberrante".
Pour la rentrée 2026, ce sont près de 4.000 suppressions de postes qui sont prévues dans l'éducation nationale, dont 1.891 dans le premier degré public et 1.365 dans le second. Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a justifié ces décisions par une "chute démographique sans précédent", promettant cependant d'atténuer les conséquences de ces fermetures. Cependant, Sophie Vénétitay a affirmé que ces choix visent principalement à réaliser des économies sur le service public d'éducation.







