Des groupes environnementaux se mobilisent fermement contre les déversements autorisés par le géant chimique BASF, établi à Saint-Aubin-lès-Elbeuf (Seine-Maritime), sur les rives de la Seine. Anciennement Rhône Poulenc, l’usine fabrique des produits pharmaceutiques et des insecticides, mais le sujet qui choque aujourd'hui est l'autorisation de déverser jusqu'à 87 kilos de PFAS par jour dans le fleuve, via la station d’épuration EuroApi, Seveso seuil haut, dès mai 2024.
À l’initiative du collectif Les Gardons, regroupant neuf associations, une plainte pénale a été déposée auprès du procureur de Rouen pour "atteinte à l’environnement et mise en danger d’autrui". Ce sujet a été central lors d’une réunion publique tenue le 28 mars à la mairie d’Elbeuf.
Claire Bouflet, conseillère municipale en charge de la transition écologique, a exprimé l’inquiétude croissante des résidents face aux dépôts de PFAS dans la Seine : "Le dépassement de seuils de PFAS constitue une menace sérieuse pour notre santé. Les études indiquent des risques tels que des perturbations hormonales, une augmentation des cancers et des troubles du développement chez les enfants. La situation dépasse les frontières de notre territoire."
Alain Rouzièse, référent environnement chez UFC Que Choisir et membre du Conseil départemental des risques, a évoqué les dangers des anciens produits comme le Fipronil, rappelant qu’"à la fin des années 1990, nous n’avions pas conscience des conséquences des PFAS." Il a mis en garde contre la présence probable de ces substances dans les aliments importés.
Un record de France en matière de rejets de TFA
Rouzièse a souligné que des pays étrangers comportent moins d’obstacles réglementaires, conduisant potentiellement à des contaminations à travers les produits que nous consommons. Marie-Laure Baron, présidente du Comité de défense de l’environnement de Freneuse, a ajouté : "Les résultats sur les rejets de TFA sont alarmants, un record en France, et depuis, nous avons formé le collectif Les Gardons pour agir. Nous n'abandonnerons pas."
Kildine Le Proux, ingénieure chimiste, a mis en avant le terme "permis de polluer" tandis que l'avocat Marc Pitti-Ferrandi a déclaré : "Nous allons remonter la chaîne judiciaire pour rappeler aux autorisés leurs devoirs. BASF doit rendre des comptes." L’an dernier, BASF a indiqué avoir réussi à réduire ses émissions de TFA de 85 % grâce à un plan lancé en janvier.







