Le département de l'Eure, touché de plein fouet par les annonces de la révision de la carte scolaire, s'apprête à vivre des moments difficiles à la rentrée prochaine. Ce territoire normand est en effet le plus affecté par la suppression de classes, avec 66 fermetures prévues dans l'enseignement primaire, alors que seulement 18 postes seront créés. Parmi ces nouvelles positions, 10 seront réservées à la création de pôles support pour les élèves nécessitant un encadrement spécialisé.
« La situation est alarmante pour l'Eure, qui concentre près d'un tiers des suppressions dans notre académie », déclare Matthieu Laguette, secrétaire départemental du SNUDI FO 27. Selon la direction des services de l'Éducation nationale, cette mesure est le résultat d’une baisse significative du nombre d'élèves, avec 1 338 enfants en moins attendus pour la prochaine rentrée.
« Nous avons transmis des estimations récentes à l'administration, mais elles n’ont pas été prises en compte », poursuit le syndicaliste, espérant des décisions favorables lors de la prochaine réunion de la Commission sociale administrative prévue le 31 mars.
Une mobilisation des élus face à la crise
Des élus ou maires récemment élus, comme Cyril Lejeune de Hondouville, sont en première ligne pour tenter de préserver les établissements scolaires de leur commune. Il a récemment dû informer les parents que l'une des cinq classes de l’école élémentaire Germaine-Buisson est menacée de fermeture, une annonce perturbante pour le nouvel élu. « Bien que ce creux démographique soit temporaire, des projections nous indiquent que les chiffres devraient remonter d'ici 2027 », souligne-t-il.
Pour préserver l'attractivité de l'école publique, Lejeune a également proposé un plan d’actions à long terme, avertissant que « si les conditions d'enseignement se détériorent, certains se tourneront vers le privé, ce qui entraînera une nouvelle baisse des effectifs ». À Évreux, Guy Lefrand, maire réélu, partage cette inquiétude avec six fermetures de classes programmées pour une seule ouverture.
Des investissements jugés inutiles
Reconnaissant la réalité démographique, Lefrand s'inquiète néanmoins de l'impact de ces mesures. « Bien que la nécessité d'économiser soit comprise, il est crucial d'explorer d'autres avenues, en particulier pour les classes à effectifs réduits dans les zones prioritaires », argue-t-il.
L'ancien sceptique du dédoublement de classe, une initiative lancée par Macron, souligne l'importance de cette mesure pour le soutien aux élèves. « Nous avons investi massivement pour rendre ces classes efficaces, et il est déconcertant de voir un retour en arrière au moment où l'on commence à voir des résultats sur le terrain », conclut-il, espérant que ses préoccupations seront entendues lors des prochains arbitrages gouvernementaux.







