Cinquante ans après l’ouverture des casernes aux femmes, leur présence dans les centres de secours est de plus en plus remarquée, même si un plafond de verre demeure dans les postes à responsabilité. Historique de ce combat et perspectives d'avenir.
Le chemin parcouru est significatif : la proportion de femmes dans les rangs des sapeurs-pompiers civils est passée de 6 % en 2003 à 23 % en 2024. Cependant, comme le souligne Apolline Detruiseux, une jeune capitaine des sapeurs-pompiers volontaires de la Marne, "c’est un milieu encore masculin où des réticences peuvent persister". Elle fait partie des 11 % de femmes officiers, mais constate que ce chiffre s'effondre à 6 % chez les pompiers professionnels.
À Paris, la situation est encore plus marquée. Les femmes représentent seulement 4 % des effectifs, malgré une intégration autorisée depuis 2002. Mathilde, une jeune recrue de 25 ans, témoigne : "J’ai longtemps cru que ce métier n’était pas fait pour moi, mais je me rends compte que je peux tout à fait y réussir". Elle a commencé sa formation récemment et se distingue parmi ses treize camarades masculins.
La transformation des infrastructures, avec la création de vestiaires et d’équipements spécifiques, contribue à améliorer l'intégration des femmes. Ainsi, après des décennies de combat, il semble que les mentalités évoluent lentement mais sûrement. Françoise Mabille, première femme sapeur-pompier de France en 1974, se souvient des défis rencontrés, tels que l'absence de locaux dédiés. Aujourd'hui, les centres de secours s’adaptent, mais le changement des mentalités est tout aussi crucial.
Des initiatives comme la loi Matras de 2021, qui impose à chaque Service départemental d’incendie de désigner un référent pour la mixité et la lutte contre les discriminations, marquent des progrès. Toutefois, Apolline Detruiseux insiste : "Pour que la présence des femmes devienne une norme, il faut changer les perceptions au sein de la profession et du grand public."







