Depuis trois ans, des fouilles archéologiques se déroulent sur la grande île de Chausey, située au large de Granville dans la Manche. Récemment, une équipe d'experts s'est penchée sur les restes d'une maison remontant à l'âge de bronze, soit environ 3000 ans.
Le principal objectif de cette opération menée par l'archéologue Henri Gandois, basé à Rennes, est de dévoiler les us et coutumes de cette époque lointaine. Les travaux effectués durant les dernières semaines ont été centrés sur une partie notable du site.
Les archéologues collaborent étroitement avec des agents de l'Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives). Cyril Marcigny, archéologue normand depuis trois décennies, a pris part à cette mission. "Le cœur des fouilles actuellement concerne une maison du bronze final, datée autour de -1000 avant notre ère", précise-t-il. "La structure présente un plan circulaire, délimitée par de grandes pierres, soit posées à même le sol ou assemblées pour former de petits murets, une découverte qui a suscité notre surprise".
Les fouilles approfondies ont permis de conserver les niveaux du sol, révélant les vestiges d'une époque révolue. "Nous avons mis au jour de nombreux objets, dont de la céramique, des outils en silex typiques de cette période, ainsi que quelques pièces en métal et des outils en pierre tels que des meules et des molettes, formant ainsi une véritable "caisse à outils" de l'époque", explique Marcigny. Des bâtiments supplémentaires découverts lors des fouilles antérieures suggèrent l'existence d'un petit hameau, ajoutant ainsi une valeur inestimable à ce site rare.
Des analyses en cours et de possibles nouvelles fouilles l'année prochaine
Pour optimiser la datation et la compréhension de cette société, chaque artefact doit faire l'objet d'analyses approfondies. "Tout est actuellement en laboratoire, en partie à Bourguébus près de Caen. Nous recollons la céramique, analysons le silex, ce qui nous permettra d'approfondir notre compréhension du site", détaille-t-il. Ce site s'avère exceptionnel pour les archéologues. "C'est toujours émouvant de fouiller un espace si bien conservé, cela nous permet de mieux nous projeter dans la réalité quotidienne de ses anciens habitants", conclut Cyril Marcigny, qui a également travaillé sur des sites moins bien préservés dans la Hague.
Les archéologues envisagent de revenir en 2027 pour continuer l'exploration de l'ensemble du village, des demandes d'autorisation étant déjà en cours.







