La fédération des chasseurs du Calvados a tenu son Assemblée générale annuelle le 11 avril à Cabourg. Cette rencontre a permis aux responsables de faire un état des lieux sur la situation financière, marquée par un déficit dépassant les 165 000 euros par rapport à l'année précédente.
Devant plusieurs centaines de chasseurs réunis dans la grande salle de l’hippodrome de Cabourg, des experts ont évoqué divers sujets, allant de la sécurité à l’impact de la population de sangliers sur les finances de la fédération. Les chiffres sont inquiétants : malgré le prélèvement de 6000 sangliers depuis juin 2025, leur présence sur le territoire demeure problématique.
1,3 millions d'euros versés à cause des sangliers
Jean-Christophe Aloé, le président, a souligné que la loi de 1968 impose à la fédération de compenser les agriculteurs pour les dégâts causés par les sangliers. Michel Bellanger, louvetier et conseiller technique à la préfecture, a ajouté que la population de sangliers connaît une forte croissance, notamment dans le Pays d'Auge.
« Ces animaux peuvent devastater les cultures ; pour le lin par exemple, ils retournent la terre à la recherche de nourriture, ce qui entraîne des pertes considérables », avertit Aloé. En conséquence, pour la saison 2024/2025, la fédération a déboursé plus de 1,3 millions d'euros en indemnités, représentant près de 50% de son budget annuel, qui s'établit entre 2,6 et 3 millions d'euros.
Des perspectives moroses
Historiquement, les fédérations de chasse recevaient des subventions étatiques pour ces indemnisations, mais la situation actuelle soulève des inquiétudes. « Nous confrontons un déficit de près de 170 000 euros pour la saison en cours, et les mêmes prévisions s'annoncent pour 2025/2026 », a déclaré le président, accablé par le repli des aides étatiques.
Aloé déclare avec une certaine résignation : « Si rien n'est fait, d'ici cinq ans, nous serons à sec. » Les solutions proposées pour améliorer la situation semblent restreintes. Augmenter les cotisations et les prix des permis de chasse ne serait pas une option, car la perte de plus de 2000 chasseurs au cours de la dernière décennie aurait déjà engendré une perte de recettes significative.
« Paradoxalement, une hausse des permis pourrait inciter davantage de chasseurs à quitter, aggravant ainsi notre situation financière déjà précaire », conclut Aloé. La réforme de la loi de 1968 ou l'instauration d'une aide étatique pour compenser ces dégâts s’imposent comme des solutions urgentissimes pour la fédération des chasseurs du Calvados.







