Un coup dur frappe le chantier de restauration de la synagogue d'Elbeuf : fin février, une présence de mérule, un champignon lignivore redouté, a été détectée. Cette menace, souvent qualifiée de "cancer du bâtiment", pourrait compromettre l'intégrité de cet édifice qui était à l'abandon depuis presque trois décennies.
Coût élevé de l'éradication
La situation est grave : sans traitement, la mérule pourrait entraîner la destruction du bâtiment. Le président de l'ACASE, Nassim Lévy, a expliqué : "Le charpentier a découvert le problème lorsqu'il a signalé qu'il fallait remplacer une poutre". Un diagnostic initial n'avait malheureusement pas révélé la présence de ce champignon, ce qui a conduit à un arrêt inopiné des travaux de restauration.
Olivier Leclerc, délégué régional en Normandie de la Fondation du Patrimoine, souligne l'urgence de la situation : "Traiter la mérule est la priorité absolue. Si nous ne le faisons pas, le bâtiment est condamné". Malheureusement, l'éradication de la mérule représente un coût considérable : environ 300.000 euros. Les financements sont encore en attente, bien que la métropole de Rouen ait promis de couvrir 20% de ce montant, tout comme la région Normandie.
Un avenir incertain
Les promesses de soutien financier des collectivités sont là, mais elles n'ont pas encore été votées, laissant la moitié des fonds à trouver. Malgré cette tuile, le groupe de bénévoles de l'ACASE est déterminé à poursuivre le projet et espère une réouverture des travaux d'ici 2027.
Ce projet est d'autant plus vital qu'en 2023, la synagogue d'Elbeuf a été sélectionnée par la mission Bern pour bénéficier d'une aide du Loto du Patrimoine. Une chance pour cette architecture emblématique de retrouver sa splendeur. Mais pour l’instant, l’urgence est d'éradiquer la mérule avant qu’il ne soit trop tard.







