Gibier, bovins, chiens... Depuis janvier 2026, la SNCF a mis en service une « voie disponibilisante » à Sotteville-lès-Rouen, permettant des interventions plus rapides et hygiéniques sur les rames touchées par des animaux.
En 2024, la SNCF Réseaux a rapporté avoir enregistré 2 562 heurts avec la faune, entraînant plus de 5 000 heures de retards et suppressions de trains. Parmi ces accidents, 43 % étaient causés par les sangliers dont la population continue d'augmenter. En Normandie, en 2025, la SNCF a enregistré 545 incidents avec divers types d'animaux, comme le détaille Raynald, technicien au Technicentre Rouen Quatre Mares.
Éviter les odeurs
La SNCF Réseau a mis en œuvre plusieurs mesures pour réduire les collisions, notamment la végétation spécifique pour dissuader les sangliers et les cerfs, ainsi que l'installation de clôtures et d'effaroucheurs sonores pour éloigner les animaux des voies. Les contacts réguliers avec les fédérations de chasseurs sont également essentiels pour la gestion de ce problème.
Cependant, il est aussi crucial d'assurer une intervention rapide après un accident afin de maintenir le flux du transport. La voie « disponibilisante » a donc été créée pour optimiser les conditions de travail et le temps d'intervention.
À des vitesses de 160 à 200 km/h, une collision avec un animal a des conséquences dramatiques. Sylvain, un agent technique, explique que les distances de freinage sont souvent insuffisantes, ce qui oblige le mécanicien à s'arrêter d'urgence. Ce dernier doit alors suivre un protocole précis pour vérifier les dommages avant de se diriger vers la première gare.
Auparavant, les trains étaient nettoyés dans l'atelier principal, ce qui posait problème à cause des projections de sang et de débris d'animaux. Ce processus, effectué avec un karcher classique dans une fosse mal adaptée, laissait derrière lui des odeurs persistantes. La nouvelle installation, équipée d'une ventilation et d'une fosse de 1m80, permet un nettoyage efficace et hygiénique, tout en séparant complètement cette tâche de la maintenance normale.
« On ne pollue plus l’atelier principal »
« L'isolement de la zone de nettoyage nous permet de garder un environnement de travail sain. Les agents, en tenue appropriée, utilisent un réseau d'eau chaude sous pression sans tracas de tuyaux encombrants. De plus, les fluides usagés sont traités de manière appropriée. Cette nouvelle approche vise à réduire le temps d'intervention de trois jours et demi à un jour, facilitant ainsi les réparations nécessaires », conclut Raynald.







