L'angoisse dans les universités : des milliers de places menacées par la crise budgétaire

Crise budgétaire : comment les universités font face à la suppression de milliers de places.
L'angoisse dans les universités : des milliers de places menacées par la crise budgétaire
L'université de Rouen pourrait supprimer 700 places. (Illustration) LP/ Olivier Arandel

Alors que les universités françaises luttent pour garder leurs formations accessibles, la réalité budgétaire est implacable. « On n’est pas des magiciens », déclare Hugues Kenfack, président de l’université de Toulouse Capitole, qui a dû demander une réduction de ses capacités d’accueil dans des filières clés telles que le droit et l’économie. En 2026, toutes les universités prévoient d’être en déficit, une situation qui contraint à des choix drastiques.

Ce panel de décisions, qui consiste à réduire le nombre de places ou de cours, est devenu une stratégie de plus en plus acceptée par les présidents d’université. Cependant, cette approche ne semble pas en mesure de résoudre les problèmes de finances. Le manque de fonds persiste et les suppressions de places ne feront pas un miracle, souligne Kenfack.

Une chute alarmante du nombre de places en licence

Les suppressions sont nombreuses : l’université de Lille retire 380 places, Rouen 700, et même des filières à Bordeaux et à la Sorbonne sont touchées. Selon le SNESUP-FSU, nous pourrions voir jusqu'à 43 000 places disparues d’ici 2025. Les licenciés, notamment ceux en architecture, à l’université de Bordeaux, se retrouvent en première ligne de cette crise.

Cette tendance se vérifie partout : d’après le syndicat, des milliers d’heures de cours ont déjà été supprimées, et les chiffres vont continuer à chuter. Un témoignage de la précarité ambiante se fait entendre à CY Cergy Paris Université, où 300 places en lettres et langues seront coupées, mais 1 000 nouvelles places ouvertes en formation professorale pour compenser.

« Il faut naviguer entre les demandes de vérification des rectorats et les exigences des ministères, ce qui complique la tâche », admet Dean Lewis, président de l’université de Bordeaux. Sous pression, plusieurs universités adoptent la mutualisation des cours, combinant des classes avec un très faible nombre d’inscrits.

Impacts sur la qualité de l'éducation

Les effets de ces décisions sont déjà visibles : à Toulouse Capitole, le président affirme que la réduction des postes d’enseignants pourrait entraver le taux d’encadrement et, par conséquent, la réussite des étudiants. « Avec un enseignant pour 80 étudiants, la situation devient intenable », s’inquiète Laurent Gatineau de CY Cergy Paris Université.

Des syndicats comme la FAGE s’alarment de la dégradation de la qualité de l’enseignement, affirmant que le décalage entre l’offre et la demande pourrait compromettre l’avenir des étudiants. Ils soulignent qu’en quinze ans, le financement par étudiant a chuté de 18,5 %.

Une réponse insuffisante à la crise financière

Face à cette réalité, certaines universités envisagent la fermeture de masters pour rationaliser les capacités, tandis que d’autres tentent d’augmenter le recours aux enseignants vacataires pour palier les déficits budgétaires. Cependant, cela ne fait qu'aggraver l'insécurité et la précarité des enseignants temporaires, dénoncent les responsables.

À Paris 1 Panthéon Sorbonne, le président Christine Neau-Leduc souligne les limites des économies réalisées, précisant que « nous approchons d’un point critique où les coupes budgétaires ne seront plus tenables ». Les universités continuent d’attirer plus de candidatures qu’elles ne peuvent accueillir, créant ainsi un cercle vicieux où la pression augmente.

La question des frais d’inscription, déjà soulevée par plusieurs responsables, reste sensible. Hugues Kenfack plaide pour une augmentation significative, mais pas sans débat. « Ce ne peut être une excuse pour le désengagement de l’État », avertit Laurent Gatineau.

Alors que le SNESUP-FSU annonce que 16 milliards d’euros seraient nécessaires pour redresser la barre, la promesse d'une baisse de la démographie étudiante d’ici 2030 offre peu de répit aux présidents d’université. À Toulouse, Kenfack doute que la diminution soit réellement perceptible, tandis que des élections à venir pourraient juger du sort des universités. Resteront-elles encore debout d'ici là ?

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