Edouard Philippe a promis de défendre les préoccupations des pêcheurs havrais auprès du gouvernement. Lundi 13 avril, une réunion a eu lieu à l'initiative du maire suite à l'indignation des pêcheurs face aux prix exorbitants du gasoil.
Une trentaine de bateaux a refusé de prendre la mer pendant une journée pour montrer leur mécontentement à l'égard de la situation. Le tarif du gasoil atteignant 1,37 euros le litre les oblige à travailler à perte, en raison des répercussions du blocage du détroit d'Ormuz et des conflits en Iran. Les professionnels attendent aussi une aide de 20 centimes par litre, promise fin mars, qui ne s'est pas encore matérialisée dans leurs comptes. Cette situation critique a forcé plusieurs pêcheurs à cesser leurs activités.
"Je sais que le message sera passé"
À 11h40, les pêcheurs ressortent de l'Hôtel de Ville, visiblement tendus. André Tesson, patron du chalutier Haalty, confie : "J'ai déjà effectué deux marées à perte. Le gasoil est devenu trop cher." Les perturbations sont si graves que des bateaux de Port-en-Bessin ont tous décidé de rentrer au port. Cette rencontre avec Edouard Philippe a été perçue comme une véritable marque de soutien. "Nous avons exposé nos préoccupations au maire; il comprend la gravité de la situation," ajoute Tesson.
Dimitri Rogoff, président du Comité Régional des pêches de Normandie, partage cet avis et ajoute que l’objectif n’est pas de provoquer des tensions, mais plutôt de résoudre un problème crucial : "Le coût du gasoil représente 40% de notre chiffre d'affaires."
Des aides financières qui arrivent trop tardivement
Un autre point soulevé par Rogoff est le délai de mise en œuvre des aides gouvernementales, qui s'avèrent déjà obsolètes. "L'aide de 20 centimes est bien prévue, mais administrativement, elle n'est pas encore accessible, ce qui complique la situation,” précise-t-il. Les fonds européens qui pourraient également aider risquent de ne pas arriver à temps. L'une des solutions envisagées consisterait à répercuter une partie des coûts sur les consommateurs, ce qui pourrait être acceptable si l'inflation se poursuit.
Les pêcheurs se donnent deux semaines pour obtenir des réponses claires de la part des autorités.







