Dans son dernier rapport publié le 30 mars dernier, la Chambre Régionale des Comptes (CRC) s'interroge sur l'efficacité de la police municipale de Caen, en soulignant un "recul net des actions de terrain". Bien que les 145 agents, y compris les agents de surveillance de la voie publique (ASVP), soient bien formés, la CRC estime que leurs interventions dans les quartiers extérieurs au centre-ville ont diminué de 28 % entre 2019 et 2024.
Ce constat est d'autant plus préoccupant compte tenu des transformations significatives que subit la police municipale depuis dix ans. Depuis la création du centre de commandement et de supervision en 2016, de nombreux agents ont été réaffectés à des missions à distance de surveillance via plus d'une centaine de caméras dispersées dans la ville. Pourtant, cette centralisation aurait été faite au détriment des patrouilles de proximité.
Des patrouilles en berne dans les quartiers
La CRC critique également le manque de partenariats formalisés avec l'Éducation nationale, notant que la prévention de la délinquance est insuffisante dans la ville. À ce sujet, un porte-parole de l'éducation déclare : "Sans collaboration active, il est difficile de lutter efficacement contre la délinquance juvénile, surtout dans les quartiers les plus touchés".
Un contexte de sécurité mis en avant
Le maire, Aristide Olivier, a rapidement réagi au rapport en soulignant que, malgré la baisse des heures de patrouilles, l'activité évènementielle dans la ville a plus que doublé depuis 2019. Il a également mentionné la création d'une brigade canine et d'une brigade verte, ce qui devrait favoriser la présence policière. Par ailleurs, des statistiques récentes indiquent une baisse de 5 % des vols sans violence et de 6 % des actes de vandalisme depuis 2019.
Avenir des patrouilles à Caen
Malgré les critiques, le maire a aussi fait savoir que l'équipe de patrouilleurs sera renforcée. "Nous allons passer de trois à quatre agents par équipe pour mieux réagir aux situations sur le terrain", a-t-il expliqué. Cette initiative vise à répondre aux préoccupations croissantes concernant la sécurité des citoyens. Cependant, certains experts en sécurité appellent à des démarches plus proactives : "Il est crucial que les agents soient perçus comme accessibles, surtout dans les quartiers sensibles. La présence physique est essentielle !" conclut un sociologue de l'université de Caen.







