Dans un laboratoire de Los Angeles, une découverte fascinante a eu lieu : de petites bulles d’oxygène s’élevant d’une matière grise et poudreuse, le régolithe lunaire. Comme le rapporte The Telegraph, Blue Origin affirme avoir réussi cette prouesse technique, révélant un potentiel inexploité des ressources lunaires.
Le régolithe, présent en abondance sur la Lune, contient une proportion d’oxygène en liaison chimique avec des métaux tels que le fer et l’aluminium, rendant son extraction complexe. Les tentatives passées étaient limitées à des recherches en laboratoire avec des outils lourds et délicats. Dans l’espace, chaque kilo compte, rendre ce processus plus léger et efficace est essentiel pour des missions réussies.
"Grâce à notre technologie Air Pioneer, nous avons transformé la poussière lunaire en air pur, offrant aux astronautes un environnement respirable lors de leur retour sur la Lune", a déclaré un représentant de Blue Origin.
Pat Remias, vice-président des concepts avancés chez Blue Origin, résume l'importance de ce développement : "Chaque kilogramme d’oxygène produit sur la Lune signifie moins de charges à expédier depuis la Terre". Le réacteur, compact et léger, utilise le principe de l'électrolyse. En portant le régolithe à environ 1600°C, et en le traversant par un courant électrique, il sépare les éléments en les rendant accessibles sous forme gazeuse.
Produire sur place
L’oxygène généré par ce procédé pourrait servir à créer une atmosphère respirable pour les astronautes, tout en alimentant les fusées pour faciliter les voyages entre la Lune et l'orbite terrestre. De plus, ce système produit des matériaux utiles comme le fer et le silicium, essentiels à la construction d’infrastructures lunaires.
Malgré ses avantages, le réacteur nécessite une quantité d'énergie significative, environ un mégawatt, équivalente à la consommation électrique de centaines de foyers. Blue Origin envisage donc l'implantation de panneaux solaires sur place pour alimenter le système.
Les ambitions de la NASA, qui prévoit de retourner des astronautes sur la Lune d'ici 2028 dans le cadre du programme Artemis, s'appuient de plus en plus sur des partenariats avec des sociétés privées telles que Blue Origin et SpaceX. Le projet Blue Alchemist bénéficie d'un soutien financier de la NASA avec un budget de 35 millions de dollars, en utilisant des échantillons de poussière lunaire des missions Apollo pour ses recherches.
Cette avancée n’est pas uniquement tournée vers l'exploration ; elle s’inscrit dans un objectif plus vaste : installer des colonies permanentes sur la Lune, et potentiellement sur Mars par la suite. "L'établir une présence lunaire durable exigera de tirer profit des ressources locales plutôt que de s'appuyer sur celles de la Terre", conclut Blue Origin.
En somme, les résultats observés dans ce laboratoire terrestre représentent bien plus qu'une simple expérience scientifique, mais pourraient bien être le début d'une exploration humaine durable au-delà de la Terre.







