Un groupe de citoyens normands, connu sous le nom de "Les Communs", a récemment écrit une lettre ouverte au président de la région Hervé Morin. Leur objectif ? Demander une baisse significative des prix des billets de bus et de train, afin d'alléger le pouvoir d'achat des habitants de la région. Une initiative qui provoque des avis partagés parmi les élus normands.
Une mesure nécessaire selon les citoyens
La proposition du collectif, qui a vu le jour dans le pays de Caux mais qui vise l'ensemble de la Normandie, ne semble pas infondée. Dans plusieurs pays, comme l'Allemagne et la Lituanie, des réductions de 50% sur les tarifs de transport ont été mises en place. "Avec la hausse actuelle du prix du carburant, il est crucial d'encourager l'utilisation des transports en commun", explique Thimothé Delescluse, membre des Communs. "L'idée est de proposer des alternatives à la voiture tout en soutenant les ménages dans cette période difficile", ajoute-t-il. Ainsi, ils envisagent de rendre le tarif réduit de 20 euros, actuellement appliqué le week-end, disponible tous les jours de la semaine comme une première étape vers une réduction plus conséquente.
Des soutiens émanant des élus écologistes
La demande a également trouvé un écho parmi certains élus écologistes, notamment Laeticia Sanchez, qui qualifie la situation d'"urgente". Selon elle, "la crise du carburant affecte durement nos concitoyens, et le meilleur moyen de les inciter à utiliser le train serait de proposer une baisse de tarifs. D'autres pays, comme l'Allemagne, ont démontré qu'il était possible de rendre le passage au train attractif avec des tarifs réduit à 9 euros." Elle rappelle également que la Région a les moyens de mettre en œuvre de tels changements, étant l’autorité organisatrice des transports.
Des retours mitigés de la majorité régionale
Du côté des défenseurs des politiques actuelles, Jean-Baptiste Gastinne, vice-président en charge des transports, défend les mesures déjà en place. "En Normandie, les moins de 26 ans bénéficient d'une réduction de 50% sur leurs voyages", souligne-t-il. Il précise également que cette classe d'âge représente environ 30 à 40% des usagers. "Nous avons aussi introduit l'acceptation tarifaire pour les usagers réguliers dans les grandes agglomérations, garantissant ainsi des tarifs plus avantageux que ceux du réseau ferroviaire classique", affirme-t-il. Selon lui, la mise en place de tarifs plus bas sur une large échelle pourrait devenir une tâche complexe, notamment en raison des surcoûts liés au fonctionnement des réseaux de transport en commun.
Dans ce débat, il semble donc que les voix des citoyens trouvent un écho, mais le chemin vers une solution concrète pourrait s’avérer semé d’embûches. L’avenir des transports en Normandie sera à suivre de près.







