Après les élections municipales de mars dernier, il est temps pour les conseils communautaires d'élire leurs représentants. Bien que la parité soit inscrite dans la loi pour les conseils municipaux, elle demeure absente au sein des intercommunalités. En effet, les présidents et vice-présidents sont élus sans aucune obligation de représentation équitable.
Dans l'Eure et la Seine-Maritime, les femmes peinent à obtenir des postes décisionnels. Avec seulement cinq femmes présidentes sur 30, leur représentation est alarmante ; à l'échelle nationale, ce chiffre s'élève à seulement 12% des présidents.
Les écarts en Seine-Maritime
Dans la communauté de communes 4 Rivières en Bray, un modèle d'intercommunalité, Christine Sueur, la présidente, entoure son bureau de six vice-présidentes sur neuf, ce qui représente deux tiers de la direction. En revanche, d'autres intercommunalités sont nettement moins paritaires, comme celle de Campagne de Caux, où Pascale Dhervillez, bien qu'ayant accédé à la présidence, doit composer avec un bureau composé d'une seule femme parmi huit vice-présidents.
Un tableau contrasté dans l'Eure
En l'Eure, la situation est à peine meilleure. Nathalie Noël, seule femme à avoir dirigé une intercommunalité dans le département, a réussi à faire élire une seconde femme, Carole De Andrès, à la tête de la communauté de communes Pont-Audemer Val de Risle. Tandis que la communauté de communes du Vexin normand se distingue par sa parité, avec cinq femmes et cinq hommes parmi les vice-présidents, d'autres territoires, comme Évreux Portes de Normandie, dénotent un sérieux problème d'égalité, avec une seule femme sur 15 vice-présidents.
Une nécessité de changement
Les chiffres témoignent d'un besoin urgent de réformer les pratiques de nomination et de gouvernance au sein des intercommunalités. La moyenne nationale de 25% de femmes dans les exécutifs demeure un objectif largement inatteint pour de nombreuses collectivités de l'Eure et de la Seine-Maritime. Selon divers experts en politiques publiques, il est crucial de développer des mécanismes incitatifs pour promouvoir l'égalité des sexes dans ces structures afin de refléter la diversité de la population française.







