La gymnaste franco-algérienne Djenna Laroui, âgée de 21 ans, fait face à une vague de harcèlement après avoir décidé de représenter l’Algérie au lieu de la France. Après avoir brillamment défendu les couleurs tricolores pendant une décennie, elle subit désormais des attaques racistes et sexistes, l'amenant à porter plainte.
"Choisir sa nationalité sportive est toujours un défi, surtout lorsqu'on a plusieurs origines", a déclaré Laroui sur son compte X. Elle a précisé : "C'est un immense honneur d’avoir représenté la France toutes ces années, mais l’Algérie résonne davantage avec mes aspirations sportives pour l’avenir. Cette opportunité m'a été offerte, je ne pouvais pas la laisser passer".
Un choix controversé au cœur de l'histoire
Les relations historiques entre la France et l'Algérie, marquées par la colonisation, pèsent lourdement sur le choix de Djenna. Son avocat, Nabil Boudi, a déclaré : "Les insultes et le harcèlement qu’elle endure dépassent la simple critique sportive. Ils attaquent gravement sa dignité, s’inscrivant dans un ciblage lié à son choix et à ses origines".
En conséquence, ils ont décidé de porter plainte pour cyberharcèlement. "Djenna Laroui m’a chargé de poursuivre tous ceux qui participent à cette campagne de haine", a-t-il affirmé.
Ce n’est pas la première fois qu’une gymnaste change de nationalité sportive pour représenter l’Algérie. Une autre athlète, Kaylia Nemour, avait également pris cette décision après avoir subi des maltraitances au sein de l’équipe de France. Son choix a été couronné de succès : elle a remporté une médaille d’or aux Jeux Olympiques de Paris 2024, devenant ainsi la première à offrir un titre olympique à l’Algérie et à l'Afrique en gymnastique.
Ces récits soulignent non seulement le talent de ces athlètes, mais aussi la complexité des identités sportives à l'heure actuelle. Alors que Djenna Laroui fait face à la haine, son choix met en lumière des questions fondamentales sur l’identité, l’appartenance et la dignité.







