Alors que la guerre en Iran continue de peser sur les supports géopolitiques, le prix des carburants en France dépasse les deux euros le litre. Cette conjoncture pourrait bien modifier les projets de voyage de nombreux Français. Selon une étude récente, parmi les 64 % de Français qui partent en vacances, une majorité choisit la voiture pour parcourir une distance moyenne de 750 kilomètres.
Il semble que les vacances ne soient pas compromises, mais les destinations s'éloignent de plus en plus : d’après le baromètre Sofinco, 40 % des automobilistes rapportent qu'ils envisagent de réduire la distance de leurs déplacements. En outre, les destinations touristiques du Moyen-Orient et d'Asie connaissent une baisse de fréquentation inquiétante, comme l'a signalé Le Monde.
« Une partie des Français qui pensent partir à l’étranger hésitent, ce qui pourrait bien nous servir cet été, bien que ce soit encore un peu tôt pour l’affirmer. »
Nicolas Dayot, président de la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air, souligne que malgré un ralentissement récent des réservations, la fréquentation pourrait être comparable à celle de l'année précédente, qui a vu 28 millions de visiteurs. Les campings voient une opportunité de bénéficier de cette tendance, malgré une possible diminution de la dépense moyenne par client, qui a déjà chuté de 4 % l'an passé.
Cap sur la Normandie et le Grand-Est
Madeleine Couturier, vice-présidente de la FFACCC et camping-cariste, abonde dans le même sens : "Les sorties se feront probablement sur des distances plus courtes." Le voyage avec un camping-car, particulièrement coûteux en carburant, pousserait même de nombreux vacanciers à opter pour des destinations régionales, comme la Normandie ou le Grand-Est, qui enregistrent une hausse significative de leur popularité.
Les campings très optimistes
Bien que certaines structures envisagent d'offrir des réductions sur le coût du carburant pour attirer les vacanciers, d'autres, comme Pascal De Mattei, exploitant d'un camping à Roquebrune-sur-Argens, estiment que les vacanciers soucieux de leur budget ne se déplaceront pas de toute façon. Il mise sur une affluence accrue de clients locaux ainsi que sur des visiteurs belges, allemands et néerlandais. Le tourisme domestique pourrait croître, alors que certains vacanciers étrangers évitent des départs lointains en raison des incertitudes géopolitiques.
Finalement, face aux augmentations des prix à la pompe, cette saison d'été pourrait bien être celle du camping, tant pour les Français que pour leurs voisins européens, redéfinissant ainsi le paysage du tourisme local.







