Partir à l'autre bout du monde pour se découvrir : un rêve souvent partagé par la jeunesse. Cependant, comme le souligne le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, cette quête repose sur des inégalités rarement mises en lumière.
Le voyage au sac à dos est-il en réalité devenu un luxe ? Dans une chronique introspective, Sonja Miklitz, étudiante allemande ayant voyagé en Asie du Sud-Est, remet en question le fantasme du backpacking occidental. Elle rappelle que “la fascination pour les cultures asiatiques s'exprime déjà dans les récits de Marco Polo”, une fascination qui perdure aujourd'hui à travers des récits contemporains de quête d'identité. Nombreux sont les étudiants européens à voyager avec ces préjugés, soutenus par leur temps libre et par le faible coût de la vie dans les pays visités.
Cependant, la réalité sur le terrain est souvent très différente. Au Vietnam, par exemple, la situation est frappante : “Depuis la pandémie de Covid-19, la province de Ha Giang a connu un afflux massif de touristes, atteignant plus de 3 millions par an.” Le tourisme y prend vite des tournures standardisées, dominées par des festivités et une mise en scène excessives.
Face à cela, les inégalités entre les touristes et la population locale sont de plus en plus évidentes.
“Le fossé entre la vision romantique du voyage que l'on trouve en Occident et la réalité des habitants ici ne cesse de se creuser.”
D'une part, des voyageurs à la recherche d'expériences bon marché, d'autre part, des locaux au travail. “Ils labourent les champs, portent des paniers lourds et plantent du riz dans la boue,” tandis que les visiteurs s'offrent des boissons à quelques centimes. Ce portrait dévoile une relation déséquilibrée, soulevant des questions sur la possibilité de véritables échanges culturels. “Je me demande quel véritable 'échange' peut exister face à de telles inégalités,” s'interroge Miklitz. Dernièrement, elle conclut que
“au fond, nous sommes des clients dans un système de tourisme de masse.”
Elle questionne alors si le voyage ne devient pas une simple expérience de consommation, une réflexion pertinent pour toutes les mobilités estudiantines occidentales. “Le backpacking demeure un privilège, et il devient essentiel de le reconnaître,” conclut-elle, armée d'une prise de conscience critique. Cette analyse se prolonge à travers d'autres médias, tels que Le Monde, qui rappellent le rôle du consommateur dans cette dynamique.







