L'été dernier, l'étang de la Ferté-Macé, dans l'Orne, a été interdit à la baignade en raison des cyanobactéries, des algues nuisibles pour la santé. Pour remédier à cette situation alarmante, un investissement de 28 000 € dans un système à ultrasons a été effectué pour éradiquer ces algues.
Ce mardi 28 avril, l'EARL de Belhaut, située près de Vire, a servi de cadre à un bilan du programme de "normandisation" mis en place par la région. Sous la direction de Jean-Marc Labbé, plus de la moitié de son cheptel est désormais constitué de vaches normandes. Bien que ce dispositif ait pris du temps pour produire des résultats, il repose sur un subtil équilibre entre aides à l'achat de vaches normandes et partenariats avec les laiteries, garantissant ainsi une rentabilité améliorée pour les agriculteurs.
La vache normande en péril
Ce programme, lancé en 2016, répondait à une réalité inquiétante : la population de vaches normandes a chuté de plus de 25 % en dix ans. Clotilde Eudier, vice-présidente de la région en charge de l'agriculture, souligne : "Le cheptel de vaches normandes a fondu de plus de 25 % en 10 ans". Ce désintérêt est principalement dû à la quête de rentabilité, poussant les éleveurs à opter pour la Prim'Holstein, reconnue pour son rendement laitier.
Une aide précieuse pour les éleveurs
Le dispositif facilite la transformation du cheptel des éleveurs en leur permettant d'acheter des semences sexées, qui garantissent la naissance de veaux femelles. Jean-Marc Labbé témoigne de l'importance de cette aide : "La région m'a soutenu à hauteur de 35 € par dose, alors qu’elles coûtent 50 € chacune. J'ai donc seulement 15 € à débourser.” Sans ce coup de pouce, bon nombre d'éleveurs auraient hésité à se lancer.
Cette assistance a permis à Labbé de réorienter son exploitation. "L'aide à la normandisation m'a ouvert une porte vers la Normande", confie-t-il. Actuellement, il compte plus de 50 % de vaches normandes et projette d'atteindre 70 % dans les deux ans à venir.
Mobilisation des laiteries
Depuis 2023, les acteurs industriels participent au projet. Pour garantir la viabilité de la "normandisation", il était crucial d'améliorer la rémunération du lait produit. L’éleveur Cyprien Hervieu mentionne l'instauration de primes : "Nous recevons un bonus lorsque notre production est entièrement normande. Avec Lactalis, nous avons 15 € supplémentaires pour 1 000 litres, compensant les coûts de production plus élevés par rapport à la Prim'Holstein."
Le soutien de laiteries comme Isigny Sainte-Mère permet de valoriser la richesse du lait normand, reconnu pour sa teneur en matières grasses et protéines. De plus, la filière viande est également valorisée : "Pour la viande, une dizaine de centimes de plus au kilo de carcasse", précise Hervieu.
Hervé Morin, président de la région, insiste sur l'importance de se différencier : "Ce qu'il faut, c'est que nous réussissions à nous distinguer". Malgré les 12 000 vaches subventionnées et 400 éleveurs soutenus, de nombreux défis restent à relever pour protéger la race normande.







