Une jeune commerçante caennaise, Margot Himmi, active dans le domaine de la mode vintage, a récemment tiré la sonnette d'alarme. Le géant chinois du fast-fashion, Shein, serait en effet accusé d'avoir utilisé sans autorisation des photos issues de ses réseaux sociaux pour promouvoir ses produits en ligne. Face à cette situation, Margot envisage de porter l'affaire devant la justice.
Des photos trafiquées...
Margot, propriétaire de la boutique Marcelle Room à Caen, se consacre à la vente d'articles de seconde main, dont des bandeaux en dentelle. Récemment, alors qu’elle effectuait une recherche sur internet pour améliorer sa visibilité, elle a été stupéfaite de voir une de ses photos sur le site de Shein. “Je pensais au début que c'était une erreur, mais après vérification, c'était bien mes photos utilisées pour présenter des produits qui ne ressemblent en rien à ce que je propose,” raconte-t-elle.
En effet, les images originales ont été modifiées pour correspondre aux articles vendus par Shein, dénaturant ainsi l'essence de son travail créatif.
... et des mannequins exposés sans leur consentement
Le problème est d'autant plus sérieux car les photos utilisées par Shein exposent également les visages de modèles ayant travaillé avec Margot, sans leur consentement. “Ces mannequins ont des valeurs qui ne correspondent pas à celles de Shein, et leur image pourrait en pâtir. Ce type d'utilisation est non seulement inacceptable, mais également illégal, car ils n'ont pas signé de contrat,” souligne-t-elle.
Les conséquences financières sont également préoccupantes : “Shein propose des bandeaux à des prix dérisoires, entre 1 et 2 euros, alors que les miens sont vendus à partir de 10 euros, un prix justifié par le respect des fournisseurs et des normes de fabrication,” déclare Margot, préoccupée par cette exploitation de son travail.
Une action en justice ?
Margot, après avoir constaté qu'elle n'était pas seule dans cette situation, a décidé de contacter le service réclamation de Shein. “Si aucune réponse ne vient rapidement, je n'hésiterai pas à envoyer une mise en demeure. Mais face à un tel titan de l'industrie, je me sens un peu perdue,” confie-t-elle.
Shein, de son côté, a déclaré prendre ces allégations très au sérieux. “Nos fournisseurs sont tenus de respecter nos politiques strictes en matière de propriété intellectuelle”, assure la marque. Elle précise qu'elle retirera les produits concernés le temps d'une enquête, soulignant ainsi qu’elle dispose d’une équipe dédiée à la conformité des droits d'auteur.







