À l'approche du printemps, il est crucial de lutter contre les frelons asiatiques et en particulier contre les reines à pattes jaunes. Après une période d'hibernation, ces derniers se préparent à établir leurs nids, menaçant ainsi la vie des abeilles et des apiculteurs locaux. À Saint-Éloi-de-Fourques, une commune de l’Eure, la mairie a pris des mesures préventives en installant sept pièges dès mi-mars.
Cinq ruches perdues sur six
Chaque lundi matin, le maire Denis Szalkowski, accompagné d'un employé communal, s'assure que les pièges sont régulièrement vérifiés. "Je n'avais pas bien saisi l'ampleur du phénomène", admet le maire. "Nous devons agir rapidement, sinon nos apiculteurs pourraient disparaître." Rémy, un éleveur de chevaux et apiculteur, témoigne de la gravité de la situation, ayant perdu cinq de ses six ruches en raison des attaques des frelons. "Ils s'attaquent aux abeilles en vol et les empêchent de sortir, les rendant vulnérables," explique-t-il, déplorant l'impact dévastateur sur sa ferme.
La recette économique et efficace
Grâce aux pièges installés, 100 reines frelons asiatiques ont déjà été capturées près de la ruche de Rémy, avec un total de près de 600 sur la commune. Le coût initial de 250 euros pour les pièges semble donc bien justifié, comme l'évalue le maire. Pour attirer efficacement les frelons, Denis Szalkowski a mis au point une recette d’appât : "Un mélange de 15 grammes de levure boulangère, 500 grammes de sucre et un litre d'eau. Cela attire les frelons sans nuire aux abeilles." Cette méthode ingénieuse et économique devrait permettre de capturer jusqu'à un millier de reines d'ici fin mai.
Denis Szalkowski est surpris par l'ampleur des résultats et pense que des initiatives similaires devraient être mises en place dans d'autres communes. "Ces pièges sont réutilisables et nous devons poursuivre nos efforts régulièrement," conclut-il. Un engagement nécessaire pour préserver l’écosystème et soutenir les apiculteurs locaux face à cette menace grandissante.







