Les allégations visent le navire Ridens, engagé par l'État dans des missions de surveillance et de sauvetage dans le détroit du Pas-de-Calais, géré par la société SeaOwl.
Ce lundi, il a été annoncé que des « mesures conservatoires d’éloignement » ont été prises à l’encontre de quatre employés de SeaOwl, impliqués dans une enquête ouverte à Dunkerque, après la dénonciation de comportements inappropriés au cours des opérations de sauvetage des migrants. Le parquet a confirmé ouvrir une enquête pour « injures publiques » et « mise en danger de la vie d’autrui ».
Les faits ont été révélés par le journal Le Monde et le média d'investigation Lighthouse Reports, qui partagent des informations provenant du préfet maritime de la Manche après une enquête interne.
Rations insuffisantes et déshumanisation des migrants
Un agent de la marine nationale a rapporté des incidents survenus lors de missions de sauvetage, mettant en lumière des propos dégradants envers les migrants. Selon un témoignage relayé par Le Monde, un membre d'équipage aurait même traité les migrants secourus en mer d'« animaux », suggérant de les « brûler au lance-flammes ».
En outre, lors de l'une des interventions, les migrants n’ont reçu qu’une petite ration d’eau de 33 cl pendant six heures, alors qu’il y avait suffisamment de réserves. Ce constat accablant a soulevé de vives inquiétudes au sein des associations de défense des droits humains.
« Lorsque des forces politiques propagent des discours empreints de racisme, les droits fondamentaux de la vie et de la dignité deviennent rapidement fragiles », a déclaré l'association Utopia 56 sur X.
Le navire Ridens est intégré au dispositif mis en place depuis 2023 par l'État pour gérer les flux migratoires à la frontière franco-britannique, où de nombreuses personnes risquent leur vie en tentant de rejoindre l'Angleterre à bord d'embarcations précaires.







