Le 21 mai dernier, un changement de cap judiciaire a eu lieu dans l'affaire du crash du vol Rio-Paris : la cour d’appel de Paris a reconnu Air France et Airbus coupables d’homicides involontaires, les qualifiant de « seuls et entièrement responsables » de cet accident tragique qui a fait 228 victimes.
Le 1er juin 2009, le vol AF447 reliant Rio de Janeiro à Paris s'est écrasé dans l'Atlantique, emportant avec lui 216 passagers et 12 membres d'équipage, représentés par 33 nationalités, dont plusieurs Français et Brésiliens.
Seventeen ans après ce drame, les sociétés accusées, précédemment acquittées, ont maintenant été condamnées à payer une amende maximale de 225 000 euros. A l'origine de ce revirement, la révision de la position du parquet général a mis en lumière les manquements des deux entreprises. Les avocats généraux ont dénoncé une défense rigide, allant jusqu'à dire : « Aucune parole de réconfort sincère, c’est une défense en granit ».
Peine maximale de 225 000 euros d’amende
Ce chiffre ne cache pas la gravité des erreurs commises. Les arguments présentés par Airbus, pointant des erreurs de pilotage pendant des moments critiques, ont été jugés peu convaincants par l’accusation. Ce dernier a déclaré que « les facteurs humains ont été pré-déterminants » dans ce crash, qui a été confirmé par les enregistrements des boîtes noires de l’appareil. Le rôle des sondes de vitesse Pitot, obstruées par le gel pendant le vol, a été décisif dans le déroulement tragique de l’accident.
Une condamnation qui doit servir d’avertissement à l’industrie aérienne
Les procureurs ont argumenté que les erreurs commises par Airbus et Air France étaient « caractérisées » et qu’elles ont « contribué, de façon certaine, à la survenance du crash aérien », une tragédie immortalisée par la fameuse image de la dérive tricolore repêchée dans l'océan. L’accusation a également souligné qu’Airbus a sous-estimé les défaillances techniques et n'a pas fourni suffisamment d'informations pour préparer les pilotes à gérer le problème de givrage.
En outre, Air France a été critiquée pour le manque de formation des pilotes concernant les procédures à suivre en cas de problème avec les sondes, ce qui, selon les experts, aurait pu éviter cette situation tragique. Lors de l’audience, l’avocat général a souligné : « Cette condamnation doit résonner comme un avertissement », signalant un besoin critique de responsabilité et de sécurité au sein de l'industrie aéronautique.







