Éleveur à la ferme pédagogique du Lieu-Roussel, située à Douville-en-Auge dans le Calvados, Eric Maertens témoigne des conséquences dramatiques de la vague de chaleur inédite de mai 2026. Au cours des derniers jours, il a déjà perdu deux agneaux, tandis que ses vaches présentent une baisse significative de production laitière.
Bien que les températures aient légèrement chuté, elles demeurent bien au-dessus des normales saisonnières. En effet, la France fait face à une vague de chaleur sans précédent pour cette période de l’année, affectant non seulement les humains, mais également le bien-être animal.
A la ferme, Eric élève des vaches laitières, des porcs et une quarantaine de moutons, tous souffrant de cette chaleur intense. Il confie : "On voit qu'ils ont chaud. Ils restent à l'ombre sous les pommiers pratiquement toute la journée". Malheureusement, les signes de détresse sont clairs et inquiétants.
"Ce n'est pas en ce moment qu'on va faire le meilleur bifteck"
Les brebis, accablées par la chaleur, passent leurs journées allongées, respirant difficilement. Deux agneaux en bonne santé ont hélas succombé. Eric souligne : "Moutons et chaleur, cela ne va pas ensemble". Ceux qui survivent doivent désormais faire face à une diminution de leur appétit, ce qui complique la vente des bêtes. Il ajoute : "Ce n'est pas en ce moment qu'on va faire le meilleur bifteck, car dans la journée, ils restent à l'ombre mais ne consomment pas, donc ils ne peuvent pas grossir."
Les vaches, quant à elles, réduisent également leur consommation, entraînant une chute de 20 % de la production de lait. Eric ne se montre pas encore alarmé, mais il craint que cette période de chaleur prolongée ne compromette gravement la santé de ses animaux et celle des cultures. "Il y a des conséquences directes sur les animaux et sur les plantes. Au-delà de 25 ou 27 degrés, la croissance s'arrête. Si cela continue, il n'y aura plus de nourriture pour les bêtes", avertit-il.
Fort heureusement, les prévisions de Météo France indiquent une baisse significative des températures à partir de ce vendredi 29 mai, donnant un espoir tant attendu aux éleveurs et à leurs animaux. En attendant, la ferme du Lieu-Roussel vit dans l'angoisse d'une chaleur qui pourrait bien perdurer.







