Ce jeudi 28 mai, des agents de l'Office Français de la Biodiversité (OFB) ont découvert un spectacle désolant dans un lac de 6 000 mètres carrés, proche de la baie de Sallenelles, où plus de 280 anguilles ont été retrouvées mortes. Selon les signalements d’associations locales, la canicule de la semaine a probablement causé cette hécatombe, en entravant l'oxygénation de l'eau. Toutefois, lors de leur intervention, seuls 7 specimens ont pu être sauvés.
Des dizaines d'anguilles à la surface
Pierre Brière, chef de service adjoint de l'OFB du Calvados, témoigne : "On connaissait l'existence de ce plan d'eau, mais nous étions loin d'imaginer le nombre d'anguilles qui y vivaient. Après des signalements, nous avons tenté de sauver quelques poissons dès mardi, constatant que beaucoup étaient encore en bonne santé. Mais la chaleur a visiblement amplifié leur mortalité, avec environ 280 anguilles comptées mortes, dont seules sept ont été sauvées mais dans un état précaire”. Les anguilles vivantes ont été transférées vers l'estuaire de l'Orne, où on a également découvert plusieurs crevettes et vers marins morts.
Une espèce en danger
La situation est à la fois alarmante et révélatrice. Pierre Brière souligne : "Lors de notre arrivée, la surface était couverte de poissons. C’est un tableau que nous ne voyons pas souvent. Les poissons, en général, se déplacent en cas de conditions défavorables. Mais ici, le lac étant fermé, ils n'avaient nulle part où fuir. Si nous avions détecté le problème plus tôt, nous aurions pu organiser une opération de sauvetage".
La canicule est l’hypothèse la plus probable pour expliquer cette mortalité. Comme l'explique Brière, "la pression de l'air fluctue avec la chaleur, entraînant une diminution potentielle de l'oxygène dans l'eau. Cependant, un diagnostic complet n'a pas été effectué et nous n’avons pas de preuves d’un déversement toxique extérieurs à cette tragédie".
Il est crucial de rappeler que les anguilles sont une espèce en danger critique d’extinction, et leur pêche est prohibée en mer. De plus, à cette période, ces poissons devraient se reproduire de l'autre côté de l'Atlantique, rendant leur protection d'autant plus essentielle.







