Alors que le marché de l'œuf fait face à une pression croissante, les vagues de chaleur risquent d'aggraver la situation. La productivité des poules pondeuses, vulnérables aux températures élevées, pourrait en pâtir, indique 20 Minutes.
Des chaleurs telles qu'elles pourraient cuire un œuf sur le bitume. Mais encore faudrait-il en avoir à disposition. Infectées par des maladies, soumises à des réglementations sévères et confrontées à une demande en hausse depuis fin 2022, les étagères des supermarchés et des petits commerces affichent souvent un stock d'œufs vide.
Un autre facteur pourrait aggraver cette situation critique : la chaleur elle-même. La productivité des animaux est, en effet, très sensible aux variations climatiques. Anne Collin, directrice de recherche à l'Inrae et spécialiste en aviculture, partage avec 20 Minutes : "Une vague de chaleur, surtout la première de la saison, peut avoir un effet significatif sur la production d'œufs, car la poule adapte son comportement alimentaire si la température dans l'élevage n'est pas régulée efficacement."
La qualité des œufs affectée
D'après Poules en Ville, les températures idéales pour les poules oscillent entre 10 et 24 degrés. Or, ces derniers jours, le mercure a souvent dépassé les 30 degrés à travers l'Hexagone. "Des températures élevées, surtout en combinaison avec un taux d'humidité élevé, provoquent un stress corporel. […] Cela peut engendrer d'autres perturbations dans leurs fonctions vitales", précise le site spécialisé.
La canicule de 2003 avait eu des conséquences désastreuses, entraînant la mort de millions d’oiseaux, comme l’avait rapporté Le Monde. Bien que les éleveurs d’aujourd’hui aient plus de ressources pour améliorer le bien-être de leurs animaux face à la chaleur, la qualité des œufs peut également se détériorer. "Les remontées de terrain indiquent que les œufs sont souvent de plus petite taille et plus fragiles, en raison d'un métabolisme perturbé par la chaleur", souligne David Renaudeau, zootechnicien à l'Inrae Bretagne-Normandie, dans un entretien avec 20 Minutes. Cependant, Yves-Marie Beaudet, président de l'interprofession française des œufs, tempère ces craintes, préférant parler de "tensions" plutôt que d'une véritable "pénurie".







