L'essentiel
Une enquête sur les jeunes bénéficiant d'une mesure d'accueil à l'Aide sociale à l'enfance (ASE) a été publiée le 30 juin. Environ 224 700 jeunes, soit une augmentation continue, reçoivent actuellement un soutien en France.
Longtemps désignée sous le nom de DDASS, l'ASE a récemment suscité l'attention des médias suite à la tragique disparition de Louis, 17 ans, dont la mort brutale a choqué le pays. Louis était sous la protection de la Maison d'enfants de Narbonne, une institution de l'ASE.
Dans un contexte troublant, les derniers chiffres statistiques de la DREES, organisme chargé des statistiques liées à la santé et aux solidarités, ont été publiés ce mardi, laissant entrevoir des enjeux préoccupants concernant la protection des mineurs.
224 700 jeunes bénéficient d'une mesure d'accueil
À fin 2024, 224 700 jeunes de moins de 21 ans bénéficient d'une mesure d'accueil à l'ASE, une hausse de 1,4 % par rapport à l'année précédente. Cette augmentation s'explique notamment par la montée du nombre de mineurs non accompagnés. En tout, depuis 1998, le nombre total de mesures d'ASE a atteint 405 500.
40 % vivent dans des établissements spécialisés
En 2006, 56 % des enfants confiés à l'ASE étaient accueillis chez des assistants familiaux, chiffre qui a chuté à 35 % en fin 2024. À présent, près de 40 % des jeunes sont placés dans des établissements spécialisés. De plus, 25 % se voient attribuer d'autres types d'accueil dont l'accueil autonome. Le type d'accueil varie également avec l'âge ; 63 % des enfants de 3 à 5 ans sont placés chez des assistants familiaux, tandis que ce chiffre tombe à 15 % pour les adolescents de 16 à 17 ans. En fin 2021, les 2 137 établissements de l'ASE en France accueillaient 74 100 enfants, adolescents et jeunes majeurs, avec une durée de séjour moyenne de 14 mois.
392 600 jeunes bénéficient d'au moins une mesure d'ASE
Au total, l'ASE prend en charge 392 600 jeunes de moins de 21 ans en France. Ce chiffre représente 2,4 % de la population totale des moins de 21 ans, mais il grimpe à plus de 4 % dans certains départements comme le Cantal et la Creuse. Les bénéficiaires se répartissent ainsi : 224 700 jeunes reçoivent un accueil hors de leur famille, tandis que 180 800 profitent d'actions éducatives telles que les interventions à domicile d'un travailleur social.
À l'échelle nationale, 1,3 % des mineurs bénéficient d'une action éducative, un chiffre qui dépasse 2,2 % dans plusieurs départements, comme l'Orne et les Hautes-Pyrénées.
Une majorité de jeunes âgés de 11 à 17 ans
La majorité des bénéficiaires de l'ASE sont des jeunes âgés de 11 à 17 ans, dont 54 % sont des garçons. L'âge moyen est de 10 ans pour ceux bénéficiant d'actions éducatives, et de 12 ans pour ceux sous mesure d'accueil. Les enfants de moins de cinq ans représentent 13 % des moins de 21 ans confiés à l'ASE.
Certains jeunes peuvent bénéficier simultanément d'une mesure d'accueil et d'une action éducative. Les décisions judiciaires représentent 79 % des mesures d'accueil contre 70 % pour les actions éducatives.
Un budget de 11,7 milliards d'euros pour les départements
L'Aide sociale à l'enfance est gérée par les conseils départementaux, qui ont alloué 11,7 milliards d'euros en 2024, englobant les salaires des assistants familiaux, soit une augmentation de 4,6 % en euros constants. Le coût moyen d'accueil par jeune s'élève à 42 400 euros. Entre 1998 et 2024, les dépenses totales de l'ASE ont augmenté de 78 % après ajustement pour l'inflation.







