Dominique Simonnot, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, exprime sa frustration face à l'absence de mesures significatives pour lutter contre la surpopulation record dans les prisons françaises. Depuis presque trois ans, aucune initiative d'envergure n'a été mise en place, comme elle l'a rapporté dans un avis récent publié au Journal officiel.
Dans cet avis, Simonnot plaide pour l'inscription dans la loi d'un mécanisme contraignant pour réguler la population carcérale. Selon elle, ce système pourrait garantir le respect des droits fondamentaux des détenus, y compris le droit à une cellule individuelle, la dignité et la protection de leur intégrité physique et psychique.
Ce cri d'alarme s'inscrit dans un contexte où le sous-comité de l'ONU pour la prévention de la torture a récemment averti sur les conséquences de la surpopulation, notant que cela peut constituer un traitement inhumain ou dégradant. D'après un rapport, la France est avec la Turquie l'un des pays du Conseil de l'Europe où la situation carcérale est la plus préoccupante.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : le nombre de détenus a augmenté de 73 699, pour 60 562 places disponibles en juin 2023, à 88 829 pour 63 237 places trois ans plus tard. Cela met en lumière l'échec de la politique de créer davantage de places pour réduire la surpopulation, comme indiqué par la CGLPL.
Par ailleurs, le ministère de la Justice prévoit d'ouvrir 3 000 nouvelles places dans des prisons modulaires d'ici 2027, malgré le fait qu'à peine un tiers des 15 000 places initialement promise l'aient été. Pour Simonnot, l'accroissement des capacités d'accueil a toujours été accompagné d'une augmentation des personnes incarcérées.
Elle déclare : "Construire de nouveaux établissements ne saurait constituer une réponse pertinente. Au rythme actuel, il faudrait mettre en service un centre pénitentiaire toutes les six semaines pour gérer la surpopulation." Les alternatives à l'incarcération restent largement sous-utilisées ou entravées par des conditions restrictives, aggravant ainsi la situation déjà critique dans les prisons françaises.







