Dans l'archipel nippon, les ours s'aventurent de plus en plus dans les zones urbaines, engendrant des risques croissants pour les habitants. Selon la presse locale, ce phénomène est principalement dû à la désertification des campagnes et à la création de nombreux espaces verts en ville, qui servent de "corridors" vers l'urbanité.
Le rapport entre l'homme et la nature au Japon évolue rapidement. En 2023, le pays a enregistré un nombre alarmant de 238 attaques d'ours, dont 13 fatales, dépassant ainsi le précédent record. Ce chiffre met en lumière un problème de taille concernant la sécurité publique.
Traditionnellement, les ours sont perçus comme des animaux des montagnes, éloignés de la civilisation. Cependant, ces dernières années, des individus, comme celui capturé à Utsunomiya, près de Tokyo, s’approchent des zones peuplées, provoquant l'inquiétude des responsables.
Les urban bears, des ours qui n'hésitent plus à côtoyer les humains, attirent autant l'intérêt que la peur, notamment à Sapporo, avec ses 2 millions d'habitants. Les ours bruns, pouvant peser jusqu'à 400 kilos, représentent un danger significatif pour la population locale, surtout en comparaison avec les ours noirs d'Asie présents sur l'île de Honshu.
Question d’urbanisme
D'après le Mainichi Shimbun, l'augmentation de ces ours "citadins" est liée à la diminution de la population dans les zones rurales. Le désengagement des terres agricoles crée un vide écologique, une perte de zones tampons entre humains et animaux. Yoshikazu Sato, expert en écologie, souligne que les espaces verts urbains agissent comme des jonctions entre l'habitat humain et la nature, facilitant ainsi l'accès des ours aux villes.
Face à cette crise de sécurité, les autorités japonaises ont introduit une loi qui assouplit l'utilisation d'armes à feu dans les villes, une mesure essentielle pour contrôler les populations d'ours, comme l’a rapporté NHK. Auparavant, il était prohibé de tirer en milieu urbain sans autorisation.
Le Mainichi Shimbun précise qu'il est crucial de réduire les contacts entre les populations et les ours. Afin de diminuer leur attraction vers les habitats humains, il est recommandé d'améliorer la gestion des déchets et d’autres sources de nourriture potentielle. Sato ajoute : “Les déchets organiques, les potagers et les arbres fruitiers peuvent les attirer. Pour protéger les citoyens, un effort collectif s'impose.”







