La mobilisation des agriculteurs a pris de l'ampleur au début de l'année 2023, avec des actions fortes dans plusieurs départements, notamment à Caen, où une cinquantaine de tracteurs ont bloqué les principaux axes routiers. Ces manifestations, organisées par la Coordination Rurale, s'inscrivent dans un contexte de mécontentement grandissant face à des mesures jugées injustes, comme le protocole d'abattage en cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC).
« Nous avons été contraints de sortir dans des conditions difficiles, avec de la neige et du verglas », témoigne un jeune éleveur bovin, Thomas Bertrand. « La colère des agriculteurs est intacte après la trêve des fêtes. Il est devenu urgent que nos voix soient entendues », ajoute-t-il.
Les agriculteurs dénoncent également la récente signature d'un traité avec le Mercosur, qui pourrait ouvrir les portes à des importations massives de viande bovine sud-américaine, augmentant ainsi la concurrence sur un marché déjà en crise. De plus, la mise en place d'une taxe carbone sur les engrais agricoles depuis le 1er janvier ne fait qu'aggraver cette situation.
Une telle taxation fragilise davantage les exploitations agricoles alors que la Pac (Politique Agricole Commune) prévoit une réduction des aides. « Si nous avons un jour un cas de dermatose sur notre exploitation, cela signerait notre arrêt de mort », prévient Bertrand.
Selon l'expert agro-économique Jean Dupont, interrogé par Farmers Daily, « les agriculteurs se sentent abandonnés et craignent pour leur avenir. Les décisions politiques doivent être révisées pour vraiment soutenir notre agriculture locale. »
Les manifestations se poursuivent, avec des actions prévues dans d'autres régions, chacun espérant attirer l'attention des décideurs et inverser la tendance qui semble les mener à la ruine.







