Au sein du lycée Joséphine-Baker à Hanches, en Eure-et-Loir, une méthode révolutionnaire pour gérer l'utilisation des smartphones en classe a été récemment mise en place. En mai dernier, parents d'élèves, enseignants et direction de l'établissement ont pris la décision historique d'imposer le dépôt des téléphones portables dans des casiers dédiés, une démarche pionnière dans la région.
Ce rituel quotidien a rapidement été adopté par les élèves, qui, avant chaque cours, abandonnent leur smartphone dans un casier marqué de leur numéro. Une jeune élève témoigne : "On se sent moins tentés de consulter notre téléphone pendant le cours". L'initiative vise à combattre l'addiction aux écrans, à réduire les risque de tricherie et à restaurer la concentration des élèves.
Depuis la rentrée, la règle stipule que les portables ne peuvent être utilisés qu'en dehors des heures de cours. Une enseignante d'anglais a déjà remarqué une différence notable dans l'attention portée par les élèves : "On a vraiment l'impression que chacun est présent", confie-t-elle. Effectivement, ce nouveau cadre semble redynamiser la dynamique de groupe.
Un changement de culture scolaire
Cette décision a été le fruit d'une concertation entre toutes les parties prenantes de l'établissement. Selon le proviseur Mathieu Léna, "Nous avons annoncé la mesure en juin dernier, et ça s'est installé sans heurts". Des boîtes de téléphones sont désormais disponibles dans chaque salle de classe, permettant à chaque élève de ranger son portable à un endroit précis. "C'est devenu un rituel. Ils l'ont intégré sans difficulté", ajoute-t-il.
Cependant, le proviseur souligne que l'imposition d'une interdiction stricte des téléphones, comme c'est le cas au niveau des collèges et des écoles primaires, serait difficile à appliquer au lycée. Le modèle du lycée Joséphine-Baker suscite déjà l'intérêt d'autres établissements locaux, désireux de s'inspirer de cette approche novatrice.
Des experts en éducation affirment que cet essai pourrait avoir des répercussions bénéfiques sur l'environnement d'apprentissage. Luc Brizard, directeur d'un groupe éducatif, évoque l'importance de retrouver un équilibre entre l'utilisation des technologies et les interactions humaines : "Les élèves doivent apprendre à naviguer dans un monde numérique tout en préservant leur attention en classe".
En somme, cette expérience au lycée Joséphine-Baker semble représenter une avancée significative non seulement pour l'éducation de ses élèves, mais aussi pour les pratiques scolaires en général, marquant ainsi le début d'une ère sans distraction excessive due aux smartphones.







