En janvier 1976, la Basse-Normandie était le théâtre d'une mobilisation sans précédent. Des milliers d'agriculteurs se sont rassemblés à Caen pour faire entendre leur mécontentement face à des revenus jugés trop faibles et à un manque de reconnaissance de la part des instances gouvernementales. En seulement quelques années, le pouvoir d'achat des agriculteurs avait chuté, et beaucoup étaient déterminés à faire passer leur message.
Le 26 janvier 1976, les syndicats agricoles tels que la Fédération Régionale des Syndicats des Exploitants Agricoles (FRSEA) et le Centre Régional des Jeunes Agriculteurs (CRJA) avaient organisé une démonstration de force. Une note d'espoir s'était élevée dans les rues, réclamant des améliorations significatives des conditions de vie et un recalibrage des prix agricoles, suite aux offres insuffisantes de la Commission de Bruxelles. Un article du journal Ouest-France du lendemain relatait : "En 1974, il fallait 15 000 litres de lait pour acheter une voiture 4L. Aujourd'hui, il en faut 20 000".
Alors qu'il n'y avait pas encore d'accord majeur comme le Mercosur ou de traité de libre-échange, les agriculteurs exprimaient une alarme concernant leur rémunération, au centre des préoccupations des militants.
Plus de quatre décennies plus tard, les luttes des agriculteurs continuent de résonner, car la question de la juste rémunération n'est toujours pas résolue. Jean-Pierre Dufour, agriculteur de la Manche, a déclaré récemment : "Les leçons de 1976 semblent toujours d'actualité. Les agriculteurs doivent être entendus pour assurer la viabilité de notre secteur." Ce cri de colère, qui a pris racine à Caen, est le reflet d'un défi persistant pour le monde agricole français.
Cinquante ans de luttes : le cri des agriculteurs de Basse-Normandie à Caen
Retour sur les revendications audacieuses des agriculteurs normands.







