La tension monte dans le secteur agricole de l'Orne, suite à la détection de quatre cas de tuberculose bovine dans la commune d'Athis-Val-de-Rouvre. Lors d'une réunion avec Hervé Tourmente, le préfet de l'Orne, près de 200 agriculteurs ont exprimé leur mécontentement face à une situation jugée préoccupante. Ces nouveaux cas de tuberculose, maladie transmissible à l’homme, nécessitent des abattages d’animaux, soulevant des inquiétudes grandissantes parmi les éleveurs.
Depuis plus d'une décennie, cette région est placée en zone de prophylaxie renforcée. Les éleveurs sont tenus de tester leurs animaux chaque année. Cependant, cette année, seuls 14 % des exploitations ont réalisé les tests nécessaires, un chiffre alarmant qui remet en question l’efficacité des protocoles en place. "Nous sommes à bout de nerfs et nous ne voyons pas le bout du tunnel", a déclaré un éleveur lors de la réunion, illustrant l'angoisse qui pèse sur les épaules des agriculteurs de la région.
Les abattages complets ou partiels suite à ces cas positifs de tuberculose bovine sont un coup dur pour les exploitations, déjà éprouvées par des années de crises sanitaires et de fluctuations économiques. Jacques Guérin, vétérinaire depuis plus de 20 ans, souligne l'importance de la vigilance dans ce domaine : "La lutte contre la tuberculose bovine nécessite non seulement des contrôles réguliers, mais aussi une coopération active des éleveurs. Chaque animal non testé augmente le risque de propagation". Les agriculteurs, désabusés par le manque d'indemnisation et la communication jugée insuffisante de la part des autorités, craignent pour l’avenir de leurs élevages.
Cette situation soulève davantage de questions sur la gestion des crises sanitaires en France. Jean-Pierre Legrand, président d'une association d'éleveurs, a rappelé que "les agriculteurs ne peuvent plus porter seuls le poids de cette crise". Selon les experts, une réévaluation des mesures préventives et une meilleure sensibilisation des agriculteurs sont essentielles pour contrer cette montée de la tuberculose bovine.
À l'heure où la santé publique et la sécurité alimentaire sont plus que jamais sous les feux des projecteurs, ces incidents dans l'Orne doivent servir de leçon pour améliorer les protocoles en vigueur et assurer une meilleure protection non seulement des animaux, mais aussi des éleveurs et des consommateurs.







