"Adulte, enfant, témoin, victime, de harcèlement scolaire, décrochez votre téléphone et faites le 3018": ce cri du cœur a résonné ce lundi 27 janvier suite au suicide tragique de Camélia, une lycéenne de 17 ans, dans la Seine-et-Marne. Cette perte douloureuse a relancé le débat sur les mesures de lutte contre le harcèlement scolaire en France. Nicole Sacagiu, présidente de l'association Parle, je t'écoute, fondée en 2019 pour apporter soutien et écoute aux victimes de harcèlement, a été invitée ce mercredi 28 janvier sur ICI Normandie pour partager son avis sur la situation actuelle. "Sur le terrain, tous les enfants expriment qu'ils ne sont pas écoutés. Ils disent qu'ils parlent toujours mais que personne ne les écoute et qu'ils ne sont pas crus", explique-t-elle.
Les récents événements révèlent une triste réalité. Camélia aurait reçu des conseils inacceptables de la part de son directeur d'école, lui demandant "d'arrêter de se victimiser". Cette réaction a profondément indigné Nicole Sacagiu, qui souligne l'importance d'écouter les enfants lorsqu'ils osent parler: "On dit que les enfants ne parlent pas, mais ils parlent."
Quant aux mesures mises en place, telles que le transfert des harceleurs dans d'autres établissements, elle exprime ses doutes : "Non, ça ne marchera pas. C'est une bêtise. On ne fait que déplacer le problème sans réellement le résoudre. Souvent, plusieurs enfants participent au harcèlement. Que faire ? On les expulse tous pour les envoyer ailleurs ? Cela ne ferait que reproduire le cycle de la violence." Elle insiste sur la nécessité de suivre les deux parties, car les jeunes harceleurs sont souvent en souffrance eux-mêmes.
Selon le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, 282 élèves harceleurs ont été réaffectés depuis le début de l'année scolaire 2023. Mais Nicole Sacagiu demeure sceptique : "Les jeunes qui se présentent à nous ont souvent épuisé toutes les options. Ils se retrouvent dans l'incapacité de trouver une solution à leur problème, même après avoir activé le programme Phare, qui peine à démontrer son efficacité."
Le dispositif Phare, mis en place pour lutter contre le harcèlement à l'école, est censé inclure une équipe ressource d'experts, mais Nicole soutient que le soutien contemporain se révèle souvent insuffisant. "Nous voulons que les enfants soient réellement entendus, que les écoles prennent des mesures concrètes et efficaces", conclut-elle. Sa lutte est basée sur le principe fondamental que chaque enfant mérite d'être entendu et protégé.







