Londres a déjà transféré 276 millions d'euros à Kigali, mais depuis l’abandon d’un plan controversé par le Premier ministre britannique Keir Starmer, la crise entre le Rwanda et le Royaume-Uni s'intensifie. Kigali a décidé d'intenter une action en justice après que Londres a suspendu les paiements prévus par un accord d’expulsion de demandeurs d'asile, abandon qui remonte à 2024.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a mis un terme au projet initialement négocié par Boris Johnson, le qualifiant de "mort et enterré". Avant la cessation de l'accord, Londres avait déjà versé 240 millions de livres (soit environ 276 millions d’euros) à Kigali, laissant en suspens un montant supplémentaire de 50 millions de livres pour avril.
« Le Rwanda déplore d'avoir dû déposer cette plainte devant un tribunal arbitral, mais face au manque de dialogue du Royaume-Uni, il n'y avait pas d'autre issue », a déclaré Michael Butera, conseiller technique du ministre de la Justice à l’AFP.
Arrêt de l’aide financière britannique
Kigali a tenté plusieurs voies de dialogue avant de se résigner à une procédure judiciaire. Un porte-parole de Starmer a promis de défendre les intérêts des contribuables britanniques dans ce dossier complexe.
En 2022, le gouvernement britannique a interrompu une grande partie de son aide financière au Rwanda, alléguant le soutien de Kigali à l'offensive du groupe M23 en République Démocratique du Congo, une décision que Kigali a qualifiée de punitive. Ce deal a également subi divers revers judiciaires, culminant en novembre 2023 avec une décision de la Cour suprême britannique le déclarant illégal au regard du droit international.
Depuis le Brexit, l'immigration est devenue un enjeu central pour le Royaume-Uni, alimentant des débats sur le contrôle des frontières. Le Rwanda, avec environ 13 millions d'habitants, se présente comme l'un des pays les plus stables d'Afrique, bien que des voix s'élèvent contre le régime autoritaire de Paul Kagame, au pouvoir depuis un quart de siècle, qui est souvent critiqué pour son approche stricte vis-à-vis de la dissidence et de la liberté d'expression.







