Paris (France) - Le Conseil d'État a déclenché, mardi, une procédure disciplinaire à l'encontre de son conseiller, Arno Klarsfeld, suite à ses appels à organiser des "rafles" en France pour appréhender des migrants en situation irrégulière. Cette information a été confirmée par des sources proches du dossier, et relayée par plusieurs médias tels que Le Figaro et FranceInfo.
Lors d'une intervention sur CNews, Klarsfeld, descendant de célèbres chasseurs de nazis, a suggéré que pour faire face aux obligations de quitter le territoire (OQTF), le pays devrait s'inspirer des méthodes de la police américaine de l'immigration (ICE) et réaliser des opérations semblables aux grandes rafles. Il a reconnu que ces pratiques peuvent entraîner des injustices.
Didier-Roland Tabuteau, vice-président du Conseil d'État, a saisi la commission supérieure pour examiner ce qui pourrait constituer un "manquement à la déontologie". Ce type de procédure est réputé rare au sein de cette institution, dont la commission est composée de conseillers d'État et de personnalités désignées par le Sénat, l'Assemblée nationale et le président de la République.
Klarsfeld risque une sanction qui peut varier, allant d'un simple avertissement à la radiation de l'institution, où il est en fonction depuis 2010. Ses propos ont été prononcés lors d'un débat où il a également évoqué un viol sur une femme de 90 ans à Nice, commis par un Tunisien sans papiers.
Les réactions politiques n'ont pas tardé. Olivier Faure, leader du Parti Socialiste, a déclaré que les mots de Klarsfeld pourraient être poursuivis pour incitation à la haine et à la violence, envisageant de porter l'affaire devant le parquet. Thomas Portes, de la France Insoumise, a également prévu de saisir l'Arcom, le régulateur des médias.
Mathilde Panot, cheffe des députés Insoumis, a exprimé son indignation face à ces déclarations, se demandant quel est l'état d'esprit du pays lorsque des appels à la rafle sont ainsi lancés.
En réponse aux critiques, Klarsfeld a tenté de clarifier ses propos sur les réseaux sociaux, affirmant que son utilisation du terme "rafle" ne doit pas être interprétée de la même manière que celle évoquée par l'histoire des déportations. Il a souligné la distinction entre appréhender des criminels et les atrocités subies par les Juifs durant la Seconde Guerre mondiale.
Ces déclarations jettent une ombre sur le débat public autour de l'immigration en France, et la prochaine décision disciplinaire du Conseil d'État pourrait bien être scrutée de près.







