Des assistants de régulation du Samu en détresse face à l’augmentation des appels

Les assistants du Samu de l'Orne tirent la sonnette d'alarme sur une surcharge d'appels.
Des assistants de régulation du Samu en détresse face à l’augmentation des appels
Un centre de régulation du SAMU (photo d'illustration) © Radio France - Stephane Barbereau

Les assistants de régulation médicale (ARM) du Samu de l'Orne se retrouvent sous pression constante, appelés à gérer un flux d'appels de plus en plus important. Ils alertent sur des conditions de travail précaires qui pourraient menacer la sécurité des citoyens en situation d'urgence. Un préavis de grève a été déposé le 26 janvier dernier, mais ils continuent leur mission au quotidien.

Ce cri d'alarme émane des agents de la régulation médicale qui œuvrent sans relâche pour évaluer le caractère urgent des situations. Liliane Anfray, déléguée Force Ouvrière au sein de l'hôpital d'Alençon-Mamers, souligne : "Ils redoutent l’appel de trop, celui qui pourrait entraîner une erreur de jugement, mais doivent garder le silence, pétris de leur devoir de réserve". L'augmentation des appels, qui augmente de 4 à 5 % chaque année, se heurte à des effectifs stagnants.

Alors qu’un Ornais compose le 15, c’est un ARM qui répond. Ce dernier est alors confronté à une charge de travail largement au-dessus des recommandations de la Société Française de Médecine d’Urgence qui fixe le maximum à 7,2 appels par heure, dans un contexte où ils en réceptionnent parfois des dizaines.

Délais d’attente, risque d’erreur

Cette surcharge entraînant des délais de réponse parfois accablants, les professionnels de santé se disent exposés à des erreurs qui pourraient avoir de lourdes conséquences. "Les délais de décroché peuvent atteindre dix minutes, une éternité en cas d’urgence. La pression est énorme; ils travaillent avec la peur de se tromper à chaque instant", précise Liliane Anfray.

Pas assez de personnels formés à Alençon

La direction de l'hôpital d’Alençon-Mamers s’engage à maintenir un dialogue ouvert avec les ARM, mais les syndicats insistent : "Le problème demande une intervention dépassant le cadre local; l’Agence régionale de santé doit intervenir". En effet, la pénurie de personnel qualifié est alarmante dans cette région où peu d'individus sont formés pour assumer de telles responsabilités.

Actuellement, le Samu 61 compte 23 ARM pour une charge de travail mathématiquement trop lourde. D’après Force Ouvrière, il faudrait porter ce chiffre à 29 pour garantir des rotations adéquates en continu. La formation initiale de 21 semaines est un préalable nécessaire pour ces agents, mais la réalité demeure que ces professionnels endurent des conditions de travail poussées à bout.

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