Ces dernières années, un nombre croissant de collectivités locales a pris la décision d'éteindre l'éclairage public pendant la nuit, une mesure motivée d'abord par la flambée des coûts de l'énergie suite à la guerre en Ukraine et, ensuite, par des considérations écologiques. Aujourd'hui, 62 % des municipalités en France appliquent l'extinction nocturne.
Cependant, sur le terrain, certains élus constatent que cette politique suscite des demandes inattendues de la part des citoyens, qui réclament le retour de l'éclairage. À Bordeaux, par exemple, le maire écologiste a décidé de rallumer les lampadaires jusqu'à 2h30 du matin. Dans d'autres communes, notamment dans la métropole de Rouen, le retour sur cette décision est déjà en cours.
Le poids du sentiment d’insécurité
Une étude récente, publiée en février, a révélé que l'extinction des lumières n'est pas corrélée à une augmentation de la délinquance. Les statistiques sur les agressions, les vols et les actes de violence restent stables malgré cette mesure. Cependant, le sentiment d'insécurité persistait, surtout pour les femmes et celles et ceux qui rentrent chez eux à pied le soir. Parmi les habitants qui soutiennent la mesure d'extinction, beaucoup admettent qu'un peu de lumière peut être apaisant.
Les chercheurs soulignent ici un faux dilemme : il est tout à fait possible d'harmoniser la biodiversité avec un éclairage adéquat, notamment par l'utilisation de LED ajustables et d'horaires d'éclairage adaptés.
Finalement, la question fondamentale demeure : avons-nous pris en compte les besoins de ceux qui arpentent nos rues la nuit ? Parfois, la solution réside dans un simple détail : un réverbère allumé au coin d'une rue, une option souvent moins coûteuse qu'une caméra de surveillance.







