À l'horizon 2027, deux anciens sites de forage de pétrole à Saint-Just-Sauvage (Marne) et Romilly-sur-Seine (Aube) pourraient renaître. L'exploitation est prévue jusqu'au 31 décembre 2039, marquant ainsi un tournant dans le paysage énergétique local.
Le 12 février dernier, l'Autorité environnementale a délivré un avis favorable concernant ces deux gisements d'hydrocarbures. La Société pétrolière de production et d’exploitation (SPPE) a initié des démarches auprès de l'État pour relancer l'activité, prétendant exploiter une superficie de 105 km², ce qui pourrait en faire l'une des plus grandes zones d'exploitation en France.
Une production de 74 000 tonnes de brut
Bruno Martin, le maire de Saint-Just-Sauvage, exprime sa satisfaction face à cette initiative. En tant que candidat à sa réélection en mars, il souligne que « ce projet est une reconduction d’une autorisation de pompage », et il se montre serein quant à son impact. « Ils vont maintenant faire la séparation de l’eau du pétrole sur place, un puits existant servira pour l’eau récupérée », précise-t-il.
Découverts dans les années 1980 et abandonnés en 1987, ces gisements possédaient des quantités de pétrole désormais considérées comme exploitables. Une production prévisionnelle de 74 000 tonnes de pétrole brut est désormais envisagée.
« C'est un appoint, ça ne sera pas Dallas ici ! »
Martin rebondit sur l'aspect opérationnel de ces puits : « Pour les habitants, c’est invisible. Et il faut rappeler que c’est vraiment minime. » Dans le contexte fluctuant des prix du baril, cette réouverture pourrait devenir stratégique. Selon Le Parisien, les fluctuations actuelles du marché international, notamment avec des tensions au Moyen-Orient, rendent l'approvisionnement local encore plus crucial.
Les puits du Bassin parisien, comme ceux de la Marne, fonctionnent souvent de manière intermittente, et la production prévue sera transportée jusqu’au Havre par des camions. Cette activité reste marginale, représentant environ 1 % de la consommation totale du pays.
À l’heure actuelle, une soixantaine de sites pétroliers et gaziers opèrent encore en France. Cependant, ce projet a suscité des préoccupations environnementales, notamment sur les émissions de gaz à effet de serre et la qualité de l'eau, selon les réserves formulées par l'Autorité environnementale.
Du côté de la municipalité, le maire reste pragmatique : bien que la commune bénéficie de revenus modestes issus des taxes d'exploitation, il avoue que « ça n’a pas changé grand-chose aux finances ». Ainsi, la perspective de réouverture se heurte à la réalité économique des petites communes.







