"C'est un véritable choc pour toute la communauté scolaire". Lundi 9 mars 2026, le collège Bobée, situé à Yvetot, se retrouve en proie à un deuil indescriptible après la perte d'un élève de 14 ans, survenue suite à une chute fatale lors d'un voyage scolaire en Grèce dans la nuit du 5 au 6 mars. L'établissement, qui accueille près de 1 000 élèves, a fait appel à une cellule psychologique composée de 17 professionnels pour soutenir les élèves dans ces moments difficiles.
Au matin de cette première journée suivant l'incident, les grilles du collège apparaissent encore chargées d'émotion. David, dont la fille est en classe de sixième, explique : "Nous avons été tenus informés par le principal, Monsieur Chapuis, par des mails réguliers. C'est difficile à accepter d'envoyer nos enfants en voyage et d'apprendre qu'ils ne reviennent pas." Ce sentiment de perte collective touche chaque famille, et l’émoi se répand au sein de l’établissement.
17 soignants au collège
Les 62 élèves ayant pris part au voyage, accompagnés de leurs six enseignants, ont été accueillis à leur retour à Yvetot par des secouristes de la cellule d'urgence médico-psychologique (CUMP) de la Seine-Maritime. Sandrine Élias, médecin-psychiatre et coordinatrice de la CUMP, souligne : "À leur arrivée dans la nuit de vendredi à samedi, notre rôle n'était pas de débriefer immédiatement, mais d'accompagner les familles et de proposer un espace d'échange ultérieur." Cette approche démontre la volonté de soutenir les élèves sans précipitation dans le processus de deuil.
Dès ce lundi, l’équipe de 17 soignants, comprenant des médecins, infirmiers et psychologues, a été adaptée pour répondre aux besoins des élèves, enseignants et parents. Les psychologues envoyés par le rectorat, ainsi que ceux engagés par le diocèse de Rouen, sont à disposition pour des consultations.
Une cellule reconduite mardi 10 mars
La cellule psychologique, essentielle dans ce contexte de crise, sera de nouveau présente ce mardi 10 mars. "Ce deuil touche toute l'institution, chaque élève en est affecté", déclare Sandrine Élias. Elle rappelle que l'intervention des soignants est volontaire et vise à proposer des espaces d'échange, sans obligation. Les élèves se regroupent souvent spontanément par affinités, ce qui aide à créer un environnement de soutien mutuel.
Parallèlement, les autorités grecques ont ouvert une enquête sur les circonstances de l'accident, tandis que le procureur de la République de Rouen a lancé une enquête parallèle pour examiner les causes du décès. Cependant, cette démarche ne vise pas à établir des responsabilités, mais pourrait permettre des auditions complémentaires si nécessaire."Nous espérons que cette tragédie servira à sensibiliser sur la sécurité des voyages scolaires," conclut Sandrine Élias, soulignant l'importance d'une communication adéquate et de soutien au sein de la communauté éducative.







